Tortues et magie de Siquijor

Après quelques jours à explorer en snorkeling le sanctuaire marin situé face à notre hôtel, et après moultes échanges avec le Coco Grove, le 27 décembre, nous parvenons enfin à tous partir en expédition pour Apo Island, l’île aux tortues !

Enfin, expédition “version luxe” : gros bateau affrété, mais sur lequel on comprend vite qu’on ne sera pas seuls (une cinquantaine environ).

Leila est malade ce matin, ce qui gâche un peu le moral de tout le monde. On a juste envie d’une journée parfaite, et puis elle adore les animaux, et on est tristes pour elle…Elle est avec nous mais vraiment pas en forme…

Une petite heure de traversée plus tard, nous parvenons à Apo Island. Tout le monde débarque sur une plage déjà bien remplie de touristes. Hum Hum…ça commence … moyen…Les organisateurs ne se départissent pas de leur sourire, dans tous les cas, et nous présentent celui qui sera notre “guide” pour aller voir les tortues.

Niveau de risque de l’expédition : nul.

On part de façon rythmée par petits groupes de quatre, avec notre “guide” et sa bouée dans le sanctuaire à tortues, au périmètre bien délimité. Moui.. pas sauvage-sauvage tout ça…

Jusqu’à ce que vous mettiez la tête dans l’eau. Et là… la magie opère vraiment, logiquement. Je croyais avoir vu de beaux coraux à Palawan, et dans le sanctuaire marin de Tulob Beach à Siquijor, mais ce que nous voyons ici est certainement encore plus beau. Coraux multicolores, “coraux-forêts”, coraux mous, anémones de mer…on en prend plein les yeux.

Pas encore de tortue en vue… mais tout à coup…alors que j’ai repéré une espèce de corde blanche et noire notre guide nous crie “sea snake”. Ha ! Ai pas touché la corde. Bien fait, c’est un tricot rayé, l’un des serpents de mer les plus dangereux qui soit, alors qu’il a juste l’air joli et qu’il “flottait” nonchalalant à 30 cm de moi…finalement le guide est peut être utile…Il nous explique que si on ne leur fait rien, ces serpents n’attaquent pas (!!). De toute façon je n’ai pas eu le temps d’avoir peur, tout va bien….

On reprend notre snorkeling, un peu fébriles, à la recherche de “LA tortue”. Et soudain, elle est là, tout près de nous. Elle flotte, elle aussi. Avec ses pattes avant, on dirait même plutôt qu’elle vole. Quelle majesté ! Comment un animal si pataud sur terre peut il être si beau sous l’eau ? Elle doit faire plus de 1 mètre de diamètre, et on a juste envie de …rester là, à l’observer pendant des heures. Mais on est trop nombreux. D’autres groupes de 4 ont repéré notre tortue…et il faut la laisser partir. Au revoir ! Je souris dans mon tuba. Et retourne aux jolis coraux.

Tortue de mer - Apo Island - Philippines
Tortue de mer – Apo Island – Philippines

Le déjeuner se déroule sur la plage cachée d’une annexe du Coco Grove. On retrouve nos 50 “amis”. On n’aime pas trop..et Leila est toujours malade…Les enfants “en forme” jouent sur le sable, et les parents s’empressent d’aller snorkeler près des rochers, face à la plage. Toujours ces jolis poissons…et puis tout à coup, une tortue, là, rien que pour nous ! Elle vole sous l’eau, tranquillement, venue déjeuner, elle aussi. Un petit poisson nage d’ailleurs avec elle. Elle n’a pas peur de nous, et moi j’en oublie complètement ma phobie du fond. Qu’elle est belle ! On reste bien une grosse demi heure à l’observer. Et puis on se souvient qu’on a des enfants, et qu’il faut les rejoindre.

Retour à la plage, au bateau. On a beau avoir 4 mini-portions dont une qui ne tient pas debout, mais personne ne nous proposera d’embarquer en priorité, on devra attendre en plein soleil la seconde bangka pour nous ramener au bateau, et, revenus à bord, quand Vincent demandera à une touriste de se pousser pour que Leila puisse s’allonger à l’ombre, elle commence par refuser : les places sont réservées “pour sa famille”. Décidément, on a un peu de mal avec la cohue touristique…certains ont beau être fortunés, ils manquent du plus simple savoir-vivre. Je suis certaine que dans notre mini-van Philippin bondé, à Palawan, ceci ne se serait pas produit !

Un dernier petit snorkeling “pour la route”, histoire de nous rappeler quand même à quel point les Philippines sous-marines sont belles. Une tortue passe près de nous puis s’éloigne vers les profondeurs. Il est temps de rentrer à l’hôtel pour notre dernière nuit dans notre super hôtel. On a l’intention d’en profiter !

La journée du lendemain nous quittons à regret le Coco Grove pour le Salamangka, un peu plus loin sur l’ile. Le lieu est beaucoup plus petit, une dizaine de chambres tout au plus, mais…gigantesques. On se croirait dans un grand loft parisien…avec une vue de carte postale. Geoffrey et moi avons hérité de la chambre en hauteur. Une superbe terrasse d’où on ne se lassera pas d’admirer les couchers de soleil ! Sur la plage, les pêcheurs et leurs bangkas : on se sent assez seuls au monde, ici. Et face à nous, un étrange rocher. L’un des pêcheur nous explique que des enfants ont péri il y a quelques années dans ce rocher, pris au piège de la marée montante. Malaise…on est a 50 mètres de lui…

Piscine de l'hôtel Salamangka - Siquijor - Philippines
Piscine de l’hôtel Salamangka – Siquijor – Philippines
Plage et bangkas - Siquijor - Philippines
Plage et bangkas – Siquijor – Philippines
Rocher face à notre hôtel - Siquijor - Philippines
Rocher face à notre hôtel – Siquijor – Philippines

Le 30 décembre, on décide d’explorer une autre facette de l’île, qu’on n’a pas eu le temps de voir en tuk-tuk lors de notre première expédition. Et comme on est 10, notre moyen de locomotion sera un jeepney rien que pour nous. Chouette, Chouette, Chouette ! Une journée à faire les fous tous ensemble !

C'est parti pour l'aventure en Jeepney! - Siquijor - Philippines
C’est parti pour l’aventure en Jeepney! – Siquijor – Philippines

Première destination : le “healer” (guérisseur) au coeur de l’île : notre hôte au Salamangka a beau être Suisse, il dit que quand sa fille n’est pas en forme, il l’emmène là-bas. On se dit donc qu’il ne doit pas être trop décalé, ce healer, ou alors qu’il faut vraiment se méfier de l’île aux sorcières, si même les occidentaux se mettent à croire aux pouvoirs magiques. Leila va mieux, donc on n’essaiera pas de la soigner comme ça, ne vous inquiétez pas.

En route, on admire toujours les magnifiques points de vue sur l’île, et puis on demande à notre chauffeur de mettre un peu de musique Philippine pour chauffer l’ambiance. Il est trop content et pousse la radio à fond en faisant sortir un son entre ragga et regae, un espère de rap version “Iles” assez improbable. Au début on est à fond….Et puis on commence assez vite à regretter. … Très très bruyante cette musique…Et on n’est pas mécontents d’atteindre la maison du “healer” finalement. On descend un dédale de marches, et on comprend qu’ici on ne paie pas la consultation, on fait une donation, ce qu’on veut. Geoffrey se lance en premier (avec son Crohn, il y a de quoi faire, et si ça le healer le guérit définitivement, on s’installe à Siquijor !).

La consultation se déroule comme suit : Le guérisseur prend de l’eau “spéciale” dans un verre, avec une longue paille en bambou il souffle dans l’eau en parcourant tout votre corps. L’eau se trouble de résidus noirs, vos impuretés, ce qui vous rend malade. Il réitère l’opération 2-3 fois, jusqu’à ce que l’eau soit claire. Et vous êtes guéri ! MA-GI-QUE ! Mais aux dernières nouvelles Geoffrey doit quand même suivre son traitement Européen et on a renoncé à s’installer là-bas. On tentera quasi tous l’expérience, néanmoins.

Second arrêt un peu plus loin : la ferme aux papillons. On y parvient par un petit chemin creusé entre deux roches. On est accueillis uniquement par des enfants qui nous font entrer dans une petite serre. Quelle chaleur ! Mais très vite, on oublie, et on est pris par la magie de ces magnifiques bêtes, pour la plupart endémiques. Petite révision de sciences naturelles pour les enfants, mais surtout un grand plaisir des yeux pour tous. Quand on sort, le papa est réapparu, et il nous explique qu’il a décidé de créer cet endroit afin de préserver ces espèces menacée (il a fait des études d’agronomie). Une française est d’ailleurs tombée amoureuse du lieu et l’avait aidé en lançant une opération de crowdfounding, qui lui avait permis de récolter pas mal d’argent, de quoi lancer la construction d’une plus grande serre (en travaux lors de notre passage). Rencontre de deux belles initiatives personnelles.

On renonce à la visite des grottes, pourtant l’une des principales attractions de l’ile, mais nous voulons absolument faire du snorkeling cet après midi.

Notre chauffeur nous mène sur une plage censée nous plaire beaucoup : Salagdoong Beach. Alors… on ne sait pas si c’est toujours comme ça ou si on n’a pas eu de chance mais on se retrouve dans un endroit bondé, où l’intérêt est de sauter d’une falaise ou prendre un toboggan qui se jette dans la mer. Ce faux parc d’attraction ne nous plait pas du tout, et on repart bien vite, sans même mettre les pieds dans l’eau

Arrêt déjeuner typique “poulet grillé” dans une ambiance super locale qui nous plait bien plus. Très rigolo. On se croirait un peu au far west, et ce ne sont pas les quelques blancs égarés qui y changent grand chose. Les Philippins portent souvent des armes, comme aux USA. Je cherche, mais je n’en vois pas ici. Ca ne m’aurait pourtant pas forcément étonnée.

Cet après-midi, direction les lieux de Snorkeling ! Notre chauffeur s’arrête sur la superbe plage de Tulapos. Nous sommes ici seuls. Cinq-six locaux prennent le frais à l’ombre des arbres, près des bangkas…et la plage est à nous. La marée est basse, ce qui forme une sorte de lagune. Un peu plus loin, les arbres dans l’eau de la mangrove offrent des paysages superbes. On est tous sous le charme. Toutefois, pas de snorkeking possible ici non plus…

Plage déserte- Siquijor - Philippines
Plage déserte- Siquijor – Philippines
Plage déserte- Siquijor - Philippines
Plage déserte- Siquijor – Philippines

Notre chauffeur ne perd pas espoir, il connaît un autre endroit, “fait pour ça”. Sauf que lorsqu’on arrive, trop de vent et de vagues. Une jeune fille sort de l’eau et nous déconseille d’y aller : on ne voit rien. Et puis pas de plage ici…

Notre chauffeur est un peu dépité cette fois-ci. Allez, dernier essai, sur une jolie plage, occupée par de nombreuses familles Philippines en train de pique-niquer à l’ombre des cocotiers, en écoutant de la musique. Ambiance insulaire assurée ! On se pose comme on peut. Et ceux qui voulaient snorkeler se voient enfin récompensés. Pour les enfants, château de sable au programme ! Comme d’habitude on perd vite Vincent et Nicolas, partis avec palmes, masques et tubas voir si des tortues se cacheraient dans les parages. Geoffrey revient avec une trouvaille : un joli coquillage d’une petite dizaine de centimètres. Il le montre aux enfants. Il a l’air encore vivant, alors il le rejette à l’eau. Attention, le coquillage en question est un cône géographe ! Le plus venimeux des coquillages au monde ! Son venin peut tuer un homme en deux heures !! Vincent revient enfin, lui a vu un tricot rayé, le même serpent de mer que moi sur Apo Island la veille !! Verdict : pas de blessé ! Morale : Ne jamais toucher les bêtes qu’on trouve dans la mer !!! Ils ont eu chaud !

Entre les serpents et les coquillages, c’est dangereux les Philippines ! Allez, on a évité la catastrophe, il est temps de rentrer ! C’est l’heure du coucher de soleil sur la terrasse.

Coucher de soleil depuis notre chambre de l'hotel Sibaltan - Siquijor - Philippines
Coucher de soleil depuis notre chambre de l’hotel Sibaltan – Siquijor – Philippines

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