Udaipur la blanche : Un petit air de Riviera

Udaipur, « la perle du Rajasthan », ne ressemble pas du tout à ce qu’on a vu jusqu’ici : Finis les immenses forts accrochés à la montagne. La ville s’organise autour d’un grand lac, le lac Pichola, bordé de différents palais, et dont même les petits iles sont occupées par des palais-hôtels.

On s’installe dans notre très jolie demeure. Il s’agit d’une dépendance du Maharaja, avec piscine à petits éléphants en marbre, et grosses tortues dans le jardin. Pas un vrai palais (pour 35 euros…) mais on s’en rapproche ! On adorera cet endroit, le Mahendra Prakash. D’ailleurs l’après midi, bain de soleil et farniente au programme. Ca fait du bien.

Le 29 Octobre, on part à la découverte de la ville et de son City palace. Il a beaucoup évolué au fil des siècles : bien que situé en hauteur, il ne reste plus à l’architecture du bâtiment rien du fort initial : avec les siècles, les délires fastueux des différents maharajas ont laissé leurs empreintes…

Pour la petite histoire :

Udai Sing II (qui donna son nom à la ville), s’était enfui de Chittorgarh suite à sa défaite,  pour fonder un nouveau royaume ici, au XVIeme siècle (finalement ils ne se tuaient pas tous les Rajpoutes en cas de défaite : ses guerriers et ses femmes ont péri, mais pas lui…).

Les Rajpoutes disent descendre du Soleil, et c’est donc « naturellement » qu’Udai Sing II prit le soleil pour emblème (à la même époque que notre Louis XIV, alors qu’ils ne devaient pas bien se connaitre.. deux mégalos…).

Udaipur garda tout au long de son histoire un côté « Rebelle » : ce fut une des rares villes jamais conquise par les musulmans, et si un traité fut signé avec les Anglais, le Maharana  d’Udaipur de l’époque (Fateh Sing) fut le seul à ne pas se rendre à la grande cérémonie organisée pour la venue du Roi-Empereur George V annonçant le transfert de la capitale de l’Inde de Calculta à Delhi en 1911. Son siège demeura vide….

Quant à la visite du palais,  elle se révèle un vrai labyrinthe (bien suivre les flèches !) : Cour impériale (partie la plus ancienne) datant de la fin du XVIeme siècle, palais de rubis, palais des femmes, palais de la joie, salon chinois, palais des perles, palais des miroirs… rien que les noms donnent une idée des différents styles qui s’entrechoquent ici (pas toujours du meilleur goût). On y découvre également des pièces intéressantes tels que ces berceaux et autres sièges pour éléphants.

A la sortie, on enchaine sur le tour en bateau, un bon moyen d’avoir un joli point de vue sur la ville, et ses palais. On a un peu l’impression de remonter la côte d’Azur et de longer Cannes ou Nice. Un peu plus loin, on se croirait presque sur le grand Canal à Venise. On passe devant le « Lake Palace Hôtel », ou « Jag Niwas », sur son île, réputé être l’un des plus beaux hôtels du monde. Datant du XVIIIeme siècle, c’est là que le Maharaja logeait ses hôtes de marque… Depuis, il a servi de décor à un des James Bond (Octopussy), ce qui l’a rendu célèbre. On n’aura pas le droit d’y aller : il faut pour ça loger sur place. Et on y a renoncé, vu les prix !

On accoste par contre au Jag Mandir, plus ancien, et  qui a l’air de s’être figé au début du XXeme siècle. Invitation à la rêverie…on y admire le soleil couchant sur les monts en face, en se croyant un peu revenus au temps des colonies Anglaises. Qu’on m’amène un Gin Tonic s’il vous plait !

On finit la journée au Bagore Ki Haveli pour y admirer un spectacle de danse et de marionnettes traditionnelles. En plein air, dans la cour de cette vieille Haveli, on a un peu le sentiment de voir un spectacle à Ubud, à Bali, pour ceux qui connaissent, avec beaucoup moins de touristes occidentaux et beaucoup beaucoup d’indiens.

On sera bluffés par les danses des femmes, leur grâce, la beauté de leurs tenues, qui nous font ressentir toute l’âme orientale ici. On se croirait plutôt en Turquie, en Egypte ou en Algérie…

Eh oui, ne pas oublier que le Rajasthan se situe sur la route de la soie, et que les peuples locaux côtoyaient déjà il y a 2000 ans des Chinois, des Perses, des Romains et des Grecs, quant aux nomades, on pense que les Tsiganes viennent d’ici.. On ne sait pas qui influença l’autre…

Quant aux marionnettes, nous on aime moins, mais ça plait bien à Eden, et c’est vrai qu’ils sont doués. Surtout, il faut bien avoir en tête que c’est au Rajasthan un art ancestral réel, permettant de conter des histoires et de les transmettre de générations en générations.

Le lendemain, on part tôt de l’hôtel pour une petite balade « au calme », et admirer d’autres points de vue sur la riviera du Rajasthan.

En se dirigeant vers la sortie de la ville, on découvre le lac Dudh Talai, près du lac Pichola, où on peut découvrir hommes et enfants en train de se baigner. Aucune pression touristique dans ce coin. On remonte tranquillement vers le centre. Petit arrêt shopping (enfin ! Je vais pouvoir changer de tenue !!) et visite du Jagdish temple, en plein centre ville et magnifiquement ciselé, dédié à Vishnu, « le sauveur de l’univers ».

On découvre aussi l’artisanat local : au delà des jolis vêtements et bijoux en argent qu’on a vu un peu partout au Rajasthan, Udaipur est le lieu pour y découvrir l’art de la « miniature ». En fait ce que les Rajpoutes appelèrent « miniature » ce sont des tableaux plus ou moins grands, en général plutôt moins, dont on apprécie la richesse d’exécution. Elles sont peintes avec des pigments naturels et des pinceaux réalisés avec les poils des petits écureuils qu’on voit partout. Et comme ici on ne doit pas faire de mal aux animaux, les indiens attendent la saison des pluies, là où les petites bêtes perdent leurs poils et ils les ramassent patiemment (on ne prend d’ailleurs pas les poils des animaux morts).

Puis on reprend la route, direction Narlai.

En chemin, on s’arrête à Ranakpur : Maesh qui a toujours du mal à comprendre qu’on ne veuille pas visiter plus de villes, nous a convaincus de faire un stop à Ranakpur. Même pas une ville, juste « un temple ».

Et une fois de plus, on a bien fait de l’écouter ! Quel temple !
De l’extérieur.. OK, il est beau et il est grand. Mais c’est surtout à l’intérieur qu’on est époustouflés…

Il fut commandité au XVeme siècle par un marchand riche et très pieux, pour en faire une « image du ciel sur la terre » (ambitieux, il faut l’avouer). Je ne crois pas grand chose aux « images du ciel » mais le temple dans tous les cas est de toute beauté : Tout en marbre blanc, plus de 1000 colonnades sculptées, toutes différentes, des coupoles, l’ensemble sculpté avec la plus grande finesse…Comme la fameuse « Porte du Coucher de soleil » à Nikko au Japon, l’une des colonnes n’est pas droite, car « seules les choses divines peuvent être parfaites »….et l’architecte ici non plus l’a pas voulu prendre le risque de froisser les Dieux.

Ca nous permet de nous plonger dans le courant religieux Jain, assez proche de l’Hindouisme (l’objectif est d’atteindre le Nirvanah) mais il n’y a pas de Dieux. Les Jains ne sont que quelques millions en Inde (ils ne représentent qu’1% de la population) mais sont extrêmement respectés, car ils vivent selon des préceptes bien particuliers : Ne pas être Violent (et donc respecter toute vie), Toujours dire la vérité (mais sans jamais heurter son prochain), Ne pas voler, Etre chaste (ou toujours fidèle dans le mariage), Ne pas être attaché aux choses du monde (les plus pieux ne possèdent rien)  : On leur fait donc une confiance absolue en Inde, même sans être Jain soi-même, et c’est donc un peuple particulièrement influent.

On poursuit notre route : Depuis quelques temps déjà on a quitté les longues voies rectilignes et arides pour traverser une région montagneuse et verdoyante : la chaine des Aravelli. … arrivée au crépuscule à Narlai.

 

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7 réflexions sur « Udaipur la blanche : Un petit air de Riviera »

  1. Joli reportage ….. comment vous vous organisez, vous avez pris un guide ou vous allez où bon vous semble ? Et oh oui jolie tenue Juliette 😁

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    1. On a pris le Routard 🙂 , et on a voyagé avec un chauffeur (moins de 30 Euros / Jour). Mais on n’a pas fait que l’écouter… Le nôtre était plutôt de bon conseil et sympa, mais ne parlait quasi pas anglais.

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  2. Trop drôle : la danseuse est celle que j’avais vue en mars 2017. Et pour le temple Jaïn : oh que oui, vous avez bien fait! C’était mon meilleur souvenir du coin.
    Quand je vous ai entendu partir du Pays, je regrettais de ne pas vous en avoir parlé … mais je vois que votre guide a réparé mon oubli 😜

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    1. Elle est vraiment vieille cette dame (plus de 70 ans !) et Oui, c’est un temple incroyable, à ne surtout pas rater au Rajasthan !! Bisous Virginie !

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  3. didier Sandman 02/12/2018 — 15:03

    Cher Geoffrey

    J’apprécie beaucoup vos sympathiques reportages accompagnés d’excellentes photos. J’espère que tu ne m’en voudras pas si je ne peux résister au désir (un peu maniaque, je reconnais) d’apporter quelques corrections historiques.

    Concernant Udaipur, vous avez écrit
    « Udaipur garda tout au long de son histoire un côté « Rebelle » … le Maharana d’Udaipur fut le seul à ne pas se rendre à la cérémonie d’investiture du vice-roi des Indes. Son siège demeura vide… »
    Ce n’est pas à la cérémonie d’investiture du vice-roi (lequel, d’ailleurs ? ) que le Maharana (c’est Fateh Singh) ne vint pas. C’est en 1911, au grand Durbar qui réunit à Delhi toute la noblesse indienne lors de la visite du Roi-Empereur George V, un événement d’une très grande importance, lors de laquelle Georges V annonça le transfert de la capitale de l’Inde de Calcutta à Delhi. On peut voir de magnifiques photos de ce Durbar à l’hôtel Imperial à Delhi.

    Plus loin, vous avez écrit (à propos du Lake Palace)
    « Depuis, il a servi de décor à un des James Bond (Le Tigre du Bengale), ce qui l’a rendu célèbre. »
    Non, le James Bond n’est pas Le Tigre du Bengale mais Octopussy, tourné à Udaipur en 1982.
    Le Tigre du Bengale est un film qu’avait tourné Fritz Lang à Udaipur en 1959.
    Amitiés
    didier

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