Perdus dans le delta du Mekong

Notre dernière étape Vietnamienne sera pour Can-To, dans le delta du Mekong. Pas mécontents de quitter la folie urbaine de Saigon…

Et comme à Saigon, on logera chez Nguyen Shack. C’est notre amie Sophie, qui est allée au Vietnam il y a peu qui nous l’a conseillé : Ils ont 4 établissements à travers le pays, avec à chaque fois un esprit bien particulier. On a déjà testé le « bar à alcool de riz » à Saigon. A Can-to ce sont surtout des petits bungalows en bambou sur pilotis, perdus dans un des bras du Mekong.

Le 4 décembre, On y arrive après une bonne grosse journée de bus encore bien épique.

  • Rejoindre l’agence qui vend les billets depuis notre Guesthouse en taxi.
  • Attendre pas mal pour avoir un billet
  • Reprendre un taxi pour aller dans un premier dépôt
  • Attendre encore et tout à coup devoir se précipiter dans le mini-bus qui arrive en priant pour qu’il rejoigne la bonne gare routière.
  • Arriver à l’immense gare routière, et demander à au moins 10 chauffeurs de bus s’ils vont à Can-To. C’est jamais eux, c’est le bus « plus loin ». Rester Zen (ou pas !)
  • ENFIN trouver son bus, et… voyager en bus-couchette en pleine journée. Tiens, on n’a qu’à faire la sieste, on est crevés !

Les quelques heures de voyage nous permettent (une fois notre sieste finie) d’entrée peu à peu dans la région la plus luxuriante qu’on peut imaginer et qu’il nous est donné de voir depuis notre départ en tour du monde. Plus on se rapproche du Mekong, plus c’est vert !

Dépôt à la gare routière de Can-To, flambant neuve, et taxi, qui nous mène chez N Guyen Shack, petit établissement littéralement perdu sur un des bras du Mekong. Et dès qu’on arrive sur place, on se sent bien. Tout est en bambous. La jolie terrasse qui sert de lieu de vie et de restaurant donne sur l’eau, où un pêcheur a installé ses filets. On est vraiment dans la campagne profonde !

On rejoint notre bungalow en passant un pont de singe puis un joli jardin aux fleurs de frangipaniers, un dernier petit pont de bois, et on est chez nous ! Seuls au monde ! Petite terrasse et hamacs sur le Mékong, face à un coucher de soleil superbe. Arg…grosse attaque de moustiques, va falloir se protéger.

On s’endort bercés par.. le croassement des crapauds 🙂

On ne fera pas grand chose le lendemain à part profiter des lieux, bouquiner, faire faire ses leçons à Eden dans ce cadre enchanteur. On se laissera juste tenter en fin de journée par une balade en barque dans le delta à la tombée du jour.

On apprécie la vie en fin de journée tout autour de nous. On croise de gros bateaux décorés, charriant des cargaisons de ciment ou autre matériau de construction. Des enfants à vélo passent des petits ponts au dessus de nous et nous saluent. Notre capitaine accoste pour acheter des chips à un magasin flottant. Des femmes en barque rentrent chez elles. D’autres enfants jouent dans l’eau, des parents baignent les plus petits.

Le rythme ralentit, et après Saigon, on en avait besoin.

Le 6 décembre, loin de notre traditionnelle Saint-Nicolas (on est Lorrains), on se réveille avant l’aurore pour nous rendre au marché flottant. Un gros, un vrai, un traditionnel. Pas pour les touristes ! Mal réveillés, on reprend la même petite embarcation que la veille avec quelques autres courageux. On est tous bien calmes quand le soleil se lève doucement sur les canaux.

Au fur et à mesure qu’ils grossissent, les habitations se multiplient alors qu’on approche de Can-To. Notre capitaine nous oblige à mettre nos gilets de sauvetage. On tourne une dernière fois. On arrive sur le Mékong. Immense. Wahoo ! On est tous un peu sonnés. Que c’est vaste ! Et nous avec notre mini-embarcation, on n’en mène pas trop large quand on croise d’autres bateaux… On atteint un peu plus loin le marché flottant.

En Thaïlande, à Bangkok, on avait vu quelques petites barques, vendre fruits et légumes, plutôt en mode « petit ravitaillement ». Ici, ce n’est pas ça du tout. Les bateaux sont gros, d’ailleurs, on a l’impression que les gens vivent dessus : ils mangent, se reposent dans un hamac, ou font sécher leur linge… Pour savoir ce que chacun a à offrir, une perche est montée à l’avant de chacune bateau, sur laquelle on plante ananas, mangue, concombre ou autre fruit / légume non identifié. On admire encore un les différents bateaux, les échanges de marchandises des grosses embarcations vers de plus petites, qui elles mêmes revendront surement sur un marché terrestre. Tiens, d’ailleurs, on s’y rend ensuite, sur le marché terrestre.

On ne se lasse pas de ces beaux marchés Vietnamiens, après celui de Sapa et de Hoi An. On retrouve les classiques herbes de toutes sortes, les beaux fruits et légumes, les poissons ultra-frais. Et quelques denrées qu’on a un peu moins envie de gouter : tripes pendues et autres crapauds vivants ! Berk ! Je ne suis pas allergique aux cuisses de grenouilles, mais là ils sont très gros! Et les tas de crapauds attachés ensemble sautent !! Attention, il y en a un qui atterrit à 3 cm de nous ! Ca fait bien rire les Vietnamiens !

On passe devant les traditionnels cafés aussi, qui nous invitent à nous assoir. Geoffrey et Eden, avec leurs T-Shirts locaux (rouge avec étoile jaune) font fureur auprès des personnes âgées. On rigole bien (pour rappel, Geoffrey trouvait ce tee-shirt cool parce que son ami Jean-Yes porte aussi des tee-shirts à étoile, il était passé à côté du drapeau Vietnamien bien communiste :-)))

On visite une fabrique de pâte de riz. On peut comparer avec le moulin à riz qu’on avait testé chez Thuy, à Hoi An. C’est vaguement plus industriel. Mais vaguement alors. On récolte la pâte, on la cuit un peu façon crêpe et on finit de l’étaler sur des « planches » en rotin tressé pour qu’elle sèche. Intéressant. On en profite pour acheter à leur boutique des bonbons Vietnamiens délicieux, des caramels, à la coco. Hum !

On rentre en fin de matinée, prêts pour une nouvelle journée « à rien ». Enfin, si, Nguyen Shack c’est le paradis des bébés animaux : petits chiens et petits chats se prélassent partout. Alors nous on en a « adopté » un, et on l’a appelé « Mimiss ». Prendre le temps… qu’on ne prendrait jamais à Paris, de rire et jouer avec notre fille et son nouveau petit compagnon.

Mais le Mekong, c’est aussi parfait pour les balades à vélo. Alors le lendemain, on part avec Hant, qui travaille chez Nguyen pour un petit tour d’exploration des villages alentour par voie terrestre cette fois-ci. Ici peu de vraie route, et peu de scooters. Parfait. On longe les petits canaux, tranquilles, et on fait quelques stops au passage.

A bicyclette - Mekong - Region de Can Tho - Vietnam
A bicyclette – Mekong – Region de Can Tho – Vietnam

Premier arrêt dans la cour d’une école Vietnamienne. Les enfants sont sages, attentifs, tous beaux dans leurs uniformes. Il y a une classe où ils doivent avoir l’âge d’Eden. Visiblement ils apprennent les divisions. Ouf, nous aussi on commence ! On a droit à un ou deux clichés, mais on préfère les laisser étudier tranquillement, quoi que nous dise Hant. Elle nous confirme et éclaire un peu sur ce qu’on a vu/entendu à Sapa : L’école est bien gratuite jusque 15 ans, mais il faut payer livres, cahiers et uniformes, ce qui représente un vrai budget pour les familles et n’est pas facile. Ensuite, soit on s’arrête, soit il faut effectivement rentrer dans un système payant. Quant aux instituteurs, c’est un vrai souci : personne ne veut faire ce métier, car il ne paie pas assez (150 € / mois pour rappel) (ou alors si, si notre famille est déjà riche et qu’on travaille « pour le plaisir »)

Notre second arrêt est pour un temple assez particulier : ici vivent 6 orphelins pour lesquels Nguyen Shack verse de l’argent. Ceci leur permet de vivre « presque » comme les autres, d’aller à l’école, etc… Hant nous explique qu’au Vietnam, avoir un enfant sans être marié est « impossible », une très grande honte pour la jeune fille mais aussi pour toute sa famille. Alors quand ceci arrive, la jeune fille part loin de sa famille, le temps d’accoucher, et abandonne souvent son enfant devant la porte des temples. C’est donc chose assez courante que ces enfants vivant dans les temples, nourris et habillés grâce aux dons des gens, et éduqués par les moines et bénévoles (femmes) qui vivent avec eux.

Temple hébergeant des orphelins - Can Tho - Vietnam
Temple hébergeant des orphelins – Can Tho – Vietnam

On visite le temple. Les orphelins sont à l’école. On voit où ils vivent, et c’est vrai que c’est presque une maison, avec les photos de chacun posant en uniforme, et leurs diplômes accrochés aux murs. Elle nous éclaire aussi un peu sur la religion Bouddhiste (on n’est vraiment pas au point au niveau religieux). Nous montre le bouddha du passé, du présent, et du futur (celui qui est tout gros et souriant car il a bien mangé).

On reprend notre route. On visite une fabrique de pots à bonsaï. On est accueillis par un homme et sa femme, chez eux. C’est dans leur jardin que la fabrication se passe. L’homme fait des monticules de terre, moule un pot en ciment dessus, attend que ça sèche à l’air libre, démoule. La femme peint les pots secs. Toujours en rouge, couleur de la chance ici. Fabriquer un pot prend environ 3 jours… Qui les achète : les gens des villages environnants. On se dit qu’ils ont intérêt à aimer les bronzais et à avoir besoin de pas mal de pots pour que ce couple vive…Hant nous confirme qu’en plus de sa fabrique à pots, il cultive la terre. Avoir un double métier est apparemment bien fréquent au Vietnam.

Rapide arrêt chez le guérisseur (50% de la population le consulte, plutôt que les médecins « classiques »), assez proche du gourou, et ultra-respecté ici. Il est absent. On consulte ses livres de RDV. Il y a vraiment des gens de toutes les générations !

Herbes du guérisseur - Can Tho - Vietnam
Médecine Vietnamienne – Herbes du guérisseur – Can Tho – Vietnam

On fait un dernier stop dans un entrepôt à riz. On découvre les sacs géants, les différentes variétés. On rit à essayer de les soulever. C’est lourd ! On découvre un ou deux petits autels au sol ou en hauteur. Pour préserver le riz ?

Allez, on rentre tranquille retrouver Mimiss et notre Bras de Mekong à nous.

Pour notre dernier jour, on part de nouveau à vélo, mais seuls cette fois-ci. On a trouvé un vélo vaguement à la taille d’Eden. C’est parti. Juste goûter le plaisir de voir la vie des gens le long des canaux. On se perd un peu, on fait quelques tours et détours. Eden a un peu de mal à freiner. Pas grave c’est plutôt plat. Mais bon… Elle finit par disparaître dans un champ…sur les fesses. Elle remonte en selle. On ne saura jamais si c’est elle ou les freins qui avaient un problème…. On poursuit un peu notre balade. On continuerait bien à se perdre encore longtemps. Mais il faut bien rentrer à un moment…

Lever de soleil depuis notre bungalow - Can Tho - Vietnam
Lever de soleil depuis notre bungalow – Can Tho – Vietnam

Le 9 Novembre, on quitte Mimiss, Hant et ses copines et ce petit coin de paradis le coeur lourd. C’est la première fois qu’on a autant de mal à décoller. Hant nous promet qu’elle nourrira bien Mimiss, en pensant à Eden. Retour à Saigon. Re-bus-couchette. Re-admiration du paysage superbe offert par le Mekong. On retourne dans notre petite impasse. Vraiment pas envie d’être bousculés là…

Dans notre bus-couchette - Can Tho / Saigon - Vietnam
Dans notre bus-couchette – Can Tho / Saigon – Vietnam

Le lendemain matin, avant notre vol, on a quelques heures. On décide de se rendre au Palais de la réunification qui a l’avantage d’être accolé au Parc culturel Municipal qu’on a tant apprécié la dernière fois. #noscooter !

Initialement construit par les Français en 1870, ils y hébergèrent le roi du Cambodge puis le Gouverneur de Cochinchine puis de l’Indochine. Après la guerre d’Indochine, il devint le Palais Présidentiel de Ngo Dinh Diem, Président impopulaire de la République du Sud Vietnam.

Mais le palais que l’on visite ne trompe pas et date bien des années 1960 : En 1962, un coup d’état manqué rate Ngo Dinh Diem, mais endommage à tel point le palais qu’il est détruit entièrement et reconstruit selon les plans de l’architecte Ngo Viet Thu, Prix de Rome en 1955. En 1963 la nouvelle tentative d’assassinat sur Ngo Dinh Diem réussit cette fois, et ce sont donc ses successeurs qui occupèrent le nouveau palais, achevé en 1966, jusqu’à la fin de la guerre et la chute de Saigon en 1975.

Envahi par les troupes du Nord, il devint alors un site historique, que l’on visite « dans son jus ». Ce qui nous semble étrange est qu’ici, contrairement au musée de la guerre, on ne ressent pas spécialement de parti-pris. Alors que dans le musée de la guerre on traite le Gouvernement du Sud d’état « Marionnette » à la solde des Américains, ici on décrit simplement comment vivait le président, qu’il recevait, comment se déroulaient les réceptions, etc…

C’est ainsi un dédale de salons d’apparat que l’on découvre, dans le plus grand luxe des sixties. Pour circuler de l’un à l’autre, de grands couloirs aérés protègent de la chaleur étouffante de Saigon. On ne peut que reconnaitre le génie de Ngo Viet Thu.

Un peu plus loin, les appartements privés du président donnent une bonne idée de la vie qu’il devait mener, certainement proche de ses homologues occidentaux. On ne faisait pas que s’y ennuyer. 

On s’arrête devant les téléphones antiques. On se demande bien qui il appelait le plus fréquemment. Sûrement Nixon ?

Téléphones présidentiels - Palais de la réunification - Saigon - Vietnam
Téléphones présidentiels – Palais de la réunification – Saigon – Vietnam

A l’étage se trouve la piste d’atterrissage d’où furent évacuées les dernières troupes Américaines.

Piste d'hélicoptère - Palais de la réunification - Saigon - Vietnam
Piste d’hélicoptère – Palais de la réunification – Saigon – Vietnam

Puis on redescend au sous-sol, qui avait été transformé en bunker, avec moult appareils radio et portes blindées. Le président y avait un bureau et une chambre. Toute la famille présidentielle s’y réfugia d’ailleurs dans les dernières heures de la guerre en Juin 1975.

On finit la visite au pas de course quand même : notre vol pour Hong Kong de nous attendra pas et il est déjà l’heure… (surtout si on doit compter avec les embouteillages de la ville)…

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