Nouvelle Zélande, plateau central : Seigneur des anneaux et phénomènes géothermiques

Le 25 Janvier, nous nous levons très tôt : nous avons programmé une visite spéciale pour faire plaisir à Eden (et un peu à nous, il faut bien l’avouer !). On se rend à  Matamata, plus précisément à Hobbiton, la Comté, le monde le plus accueillant de la Trilogie du Seigneur des Anneaux. Nous avons fait découvrir à Eden le premier opus un soir au Vietnam où on avait un wifi d’enfer et elle a complètement craqué sur les Hobbits, comme il se doit.

Arrivée matinale à Hobbiton - Nouvelle-Zélande
Arrivée matinale à Hobbiton – Nouvelle-Zélande

Et puis personnellement, quand j’étais encore toute jeune, j’ai eu la chance de travailler sur la sortie du film en adaptant le site Web de la trilogie en VF. Le site devait sortir de façon mondiale le jour J à l’heure H. Un travail de titans, en équipe, d’une exigence folle, avec les US par mail toutes les nuits. Ca laisse des traces… J’avais donc dû plonger dans l’univers de Tolkien la tête la première, quelques mois avant la sortie du premier opus, en 2001, sachant que la Fantasy n’est pas du tout mon genre de prédilection au départ.

La trilogie est pourtant la seule adaptation d’un roman qui ne m’ait pas déçue, au contraire, lorsque j’ai découvert les images (en avant première, il faut bien avoir quelques petites compensations aux courtes nuits :-))

Peter Jackson avait réussi son tour de force. Ce scénariste et réalisateur Néo-Zélandais, a porté le projet à bout de bras, convainquant les studios Américains d’en faire 3 longs métrages et non un seul, usant de son génie pour les effets spéciaux, et décidant aussi de doter le film de décors naturels magiques : son pays. 150 lieux de tournage, des studios à Queenstown et Wellington, et une seule Comté, devant nous aujourd’hui !

Déjà avant d’arriver, on a l’impression d’arriver dans le monde des Hobbits : le paysage de petites collines verdoyantes, avec ses moutons un peu partout : on verrait bien un petit homme sauter devant nos roues.

Mais non, il faudra bien se rendre jusqu’à Hobbiton, vraiment. Ici c’est “un peu” Disneyland quand même : les départs sur les lieux de tournage s’échelonnent toutes les 10 minutes, en bus, avec un guide dédié à chaque groupe.

Bienvenue à Hobbiton - Nouvelle-Zélande
Bienvenue à Hobbiton – Nouvelle-Zélande

On n’est pas vraiment à baguenauder le nez au vent. Il faut avancer si on ne veut pas se faire “rattraper” par le bus suivant. Et notre guide sait y faire. Bon, les explications en kiwi, on laisse vite tomber. En plus, on n’en a pas tellement besoin.

On comprendra cependant que dès que les personnes qui assuraient le repérage ont trouvé la ferme d’élevage Alexander, il y ont tout de suite vu la Comté, que la route que nous empruntons avant d’arriver a été construite spécialement par l’armée…

Pour le reste, notre “non écoute” nous permet de retrouver un peu de liberté et de rêverie. Nous reconnaissons avec une joie enfantine la “Clairière de Gandalf”, là où il rejoint Frodon en arrivant, Cul de Sac, la maison de Bilbon, tout en haut de la colline, le banc où il fume la pipe avec Gandalf, le terrain de fête, l’arbre centenaire sous lequel Bilbon fait son discours avant de disparaître, le moulin, et le Dragon Vert, l’auberge où Frodon a rendez-vous avec Gandalf.

Chacun des 44 trous de hobbit est parfaitement décoré, faisant transparaitre un métier bien particulier du hobbit qui y vit (pêcheur, boulanger, peintre, etc…), ce qui nous amuse beaucoup et montre surtout le souci du détail de Peter Jackson.

Eden est comme un poisson dans l’eau : toutes ces maisonnettes sont juste à sa taille.

Geoffrey, que je charrie depuis longtemps en lui disant qu’il rêve de construire des “maisons de hobbit” (en réalité des maisons semi-enterrées éco-responsables) convient que j’ai certainement raison, il aimerait construire des maisons aussi mignonnes, et est totalement sous le charme du lieu.

Moi, je refuse d’entendre qu’on ne peut entrer dans aucune maison, que les échelles ne sont quasi jamais respectées, que le décor, historiquement voué à être temporaire fut reconstruit en dur pour la seconde trilogie, le Hobbit, en 2009, que l’arbre devant chez Bilbon est artificiel, qu’il existait un univers similaire en 3D en studio pour les plans raccord.

Je préfère m’amuser du linge de Hobbit pendu et des vrais canards qui occupent le vrai potager, imaginer Frodon, Pinpin et Merry nous rejoindre pour jouer avec Eden et moi sur le terrain de fête.

La visite s’achève par un verre à l’auberge du Dragon Vert, accompagné d’un scone délicieux. On resterait bien encore dans ce décor enchanteur, mais notre guide nous invite avec un gentil sourire bien insistant à vite regagner notre bus. Bhou…

De retour, je craque quand même pour un mini souvenir, un petit pins, histoire de ne pas oublier qu’on est venus ici, devant la maison de Bilbon.

En fin de matinée, nous faisons route vers Roturoa, que nous doublons assez vite. Pas envie de ville, aussi petite et charmante soit elle. Décidément, la nature, ça nous gagne. Effet boomerang de l’Asie et de ses villes champignons ? Et puis ce qui nous intéresse dans la région, ce sont en particulier les phénomènes géothermiques, qu’on prévoit de découvrir demain. En attendant,nous longeons l’immense lac Roturoa, et décidons de déjeuner au bord d’une rivière et de ses jolies cascades les Okere Falls.

Un peu en amont, des touristes et des kiwis qui font du rafting. Notre fillette déclare qu’elle aimerait essayer. Ha, avec plaisir ma chipie ! On va voir quand on peut organiser ça, mais nous on a très envie d’en refaire aussi, et s’il y a bien un pays où on sait qu’on n’aura pas de problème avec les règles de sécurité, c’est ici. Petite sieste dans le van. Soudain, un bus avec un vieux kiwi et sa femme vient se garer à côté de nous. Il a bien 80 / 85 ans le papi. On s’amuse de le voir conduire sa maison 🙂 Quand on vous dit que c’est un mode de vie le camping dans ce pays…

Il est temps de nous diriger vers notre lieux pour la nuit. J’ai repéré un petit emplacement sauvage au bord d’un lac.. histoire de me faire pardonner de mon camping-parking de la veille. En arrivant, Geoffrey déclare immédiatement que oui, je suis pardonnée! Ouf, j’ai eu chaud, j’avais une de ces pressions !!

Eden fait quelques leçons, et puis on dîne tranquillement.

Un peu plus loin, on entend des bris de voix d’enfant en Français. Eden est toujours autant en manque d’enfants depuis le départ de Leila, Quentin et Marianne. Alors, après dîner, on s’approche d’eux un peu timidement. Bonjour, vous aussi vous faites le tour du monde ?  

Ha non, eux, ils vivent en Nouvelle Calédonie, et sont en vacances pour un mois en Nouvelle Zélande. Ce sont des petits Français, expatriés là-bas pour quelques années. Alors ils en profitent pour découvrir “la région”. Pendant qu’on fait connaissance, les enfants sont déjà partis jouer. On ne le sait pas encore mais nous allons passer pas mal de temps avec Thierry, Amandine, Rose, Leila et le petit Aaron. Ou comment une nouvelle amitié naît. Pour l’heure, eux aussi ont prévu d’aller voir “le Geyser” demain matin…

Et le 26 Janvier, nous démarrons donc la journée par Wai O Tapu (“les eaux sacrées” en Maori). Ca sent l’oeuf pourri par ici…Souffre oblige. Formée il y a 160 000 ans environ, Wai O Tapu est une zone recouverte de cratères éteints, de bassins d’eau froide ou bouillante, de boue bouillonnante, et de fumerolles. C’est la plus grande surface d’activité géothermique de la réserve Volcanique de la Zone de Roturoa-Taupo, au centre de l’ïle Nord, qui présente des phénomènes géothermiques et volcaniques spectaculaires : la zone est en effet située sur la ceinture du feu du Pacifique, la grande fracture de la terre, juste à l’endroit où les plaques tectoniques Pacifique et Indo-Australienne se chevauchent.  

Avant d’entrer dans le parc, nous avons rendez-vous avec Lady Knox Geyser, le Geyser le plus célèbre de Nouvelle-Zélande, qui se réveille chaque matin à 10H15 exactement. Nous sommes un peu surpris en arrivant sur les lieux : un amphithéâtre a été aménagé autour du fameux Geyser. Une jeune ranger arrive. Elle nous explique qu’elle va mettre du savon en poudre (?) dans le Geyer, ce qui va provoquer une réaction. L’opération faite, elle s’écarte, et effectivement, Lady Knox ne tarde pas à se réveiller, à 10H15 pétante, comme prévu. Le phénomène a beau avoir été provoqué, il n’en est pas moins impressionnant. Lady Knox crache des gerbes d’eau jusque plus de 20 mètres au dessus du sol. Wahoo ! On oublie la foule autour de nous et on en prend plein les yeux quand même. Photo souvenir, évidemment. Renseignement pris, sans savon, Lady Knox se réveille bien sûr toute seule, mais une fois tous les deux-trois jours seulement, et pas forcément à 10H15 précise.

Puis nous visitons le parc, avec Thierry, Amandine et leurs enfants. 3 petits kilomètres qui se parcourent en 1H30 environ. On découvre une vingtaine de points d’intérêt. Ceux qui nous marquent le plus : la palette de l’artiste, lac où s’entremêlent des dégradées du vert, bleu, orange et font effectivement penser à la palette d’un peintre géant. Nous la traversons en passant un petit pont entre les fumerolles.

Un peu plus loin, la piscine champagne, orange et verte, fumante, qui occupe la place d’un ancien cratère, trouvant son origine dans une source profonde de plus de 250 mètres à une température de 230 degrés. Chaud ! Les couleurs ? Elles sont liés au soufre et à l’arsenic riches en or et en argent en suspension dans l’eau… Je pense à ma copine Carole qui ne jure que par le Champagne. Un joli cocktail ici, mais je n’en goûterais pas !

Le chemin nous mène à Te Puna Tio, « mare » sulfurique sur sol instable, couleur coquille d’huître, flaque d’eau turquoise attirante.. mais ici la température du sol est de 100 degrés. Bien rester sur le petit chemin !

Au bout, un grand lac vert laiteux, semble assez irréel.

Et puis sur le retour, la balade se termine par une vue sur une petite piscine franchement vert fluo, né du débordement des eaux de la piscine champagne. Son PH ? 2 : Extrêmement acide ! Non mais c’est incroyable ces phénomènes !

Bilan de notre visite : trop balisée à mon gout, on est à la limite du parc d’attraction une fois de plus, mais franchement, je n’avais jamais rien vu de pareil. Je ne savais pas que la terre pouvait prendre ces couleurs.

L’après-midi nous abandonnons nos nouveaux amis pour nous rendre à Waimangu (les eaux sombres) Volcanic Valley, la région géothermique la plus jeune au monde, formée très exactement le 10 Juin 1886, lors d’une violente irruption volcanique qui déchira la terre, formant des cratères et laissant jaillir à la surface des liquides jusque là présents en sous-sol. C’est le seul site géothermique dont on puisse si précisément définir la date de naissance.

Wanganui Volcanic Valley, Fumante - Nouvelle-Zélande
Wanganui Volcanic Valley, Fumante – Nouvelle-Zélande

Ha, ici on est plus seuls. Cool. On démarre par une série de photos du site avant/après la date fatidique du 10 Juin 1886. Et puis c’est parti pour la balade, qui ressemble à une vraie balade. Il y a un bien un petit bus qui fait la navette vers le lac Rotomahana, au bout du chemin, avec quelques stops en cours de route, mais nous décidons d’y aller à pied : 3,5 petits kilomètres aller (on reviendra en bus :-)).  

Les phénomènes sont un peu moins concentrés et les teintes un peu moins spectaculaires ici qu’à Wai O Tapu, mais la taille des éléments nous impressionne. On a trouvé un dépliant en français, alors c’est Eden qui nous sert de guide d’un point d’intérêt à l’autre. Nous découvrons ainsi tout d’abord l’histoire de la région et les trois grands moments qui la marquèrent : comment l’irruption de 1886 transforma la région, comment entre 1900 et 1904 naquit et s’exprima le plus grand geyser du monde (mais dont l’activité a cessé : il pouvait atteindre 400 mètres !!), et comment en 1917 l’éruption du Frying Pan Flat fit naître le lac du même nom que l’on voit aujourd’hui, effectivement semblable à une poêle à frire bien noire et bien fumante. Il ne valait mieux pas se promener dans le coin au début du siècle !

Nous empruntons d’abord un petit chemin datant de 1917, sur l’étroite bande de terre qui sépare le cratère de la vallée. Nous longeons le lac “Emeraude”, dans lequel les algues poussent, ce qui peut lui donner des teintes changeantes, émeraude par moment.

Nous atteignons ensuite le fameux lac “Frying Pan”, au PH acide (3,5), et qui dégage des bulles de gaz carbonique et d’hydrogène sulfuré. On ne va pas y mettre les pieds !

Frying Pan Lake - Wanganu - Nouvelle-Zélande
Frying Pan Lake – Wanganu – Nouvelle-Zélande

Un peu plus loin, nous touchons le “Mur de cristal”, et apprécions sa chaleur.

En chemin, nous rencontrons une jeune fille. Elle s’amuse de voir Geoffrey filmer Eden en train d’expliquer où nous sommes. Forcément, ça l’interpelle. Elle est bloggeuse voyage, alors voir notre bloggeuse en herbe à nous, ça la fait pas mal sourire. Elle nous explique son métier. Les guides qu’elle crée (zigzag voyage), comment elle travaille son référencement. Elle a un positionnement bien spécifique : les Roadtrips. Elle vend ses guides sur Internet, et désormais, elle parvient à en vivre. Elle concède que c’est un vrai boulot, et là, par exemple, elle ne voyage pas vraiment pour le plaisir (enfin, elle lie quand même bien l’utile à l’agréable). Ce travail lui laisse quand même pas mal de temps, et alors, là, elle voyage, mais pour elle. On comprend surtout qu’être bloggeur c’est un vrai métier…

Nous longeons ensuite le ruisseau issu du lac Frying Pan, aux couleurs tantôt orangées, tantôt marron, vertes ou jaunes…

Devant nous, une croix blanche marque la mort de quatre personnes au début du siècle, assommées et noyées par le Geyser entré en en éruption. Plus loin, nous découvrons le “Lac du cratère de l’enfer”, aux couleurs bleu pâles, mais aux eaux extrêmement acides et dont la température atteint 80 degrés ! En contrebas, des sources chaudes bouillonnent, créant une rivière aux tons laiteux que nous longeons. Enfin, des terrasses en marbres accueillent les eaux débordantes d’une piscine violette….Puis nous atteignons le lac, d’où des petits bateaux vous proposent des croisières pour avoir d’autres points de vue. Trop tard pour nous. Nous rentrons en bus.

Nous dormons dans un free-camp près du Lac Taupo, à côté de Thierry et Amandine. Apéro face au lac. Petit vent frais mais on est quand même super bien !

Le lendemain, nous nous rendons à Taupo pour faire quelques courses et admirer son immense et magnifique lac (le plus grand de Nouvelle-Zélande, 600 km2 et qui a pris place dans la caldeira d’un volcan). Nous déjeunons dans le Mc Do le plus incroyable qu’il soit : ici vous pouvez manger votre Big Mac dans une carlingue d’avion. Comme ça on ne culpabilise pas d’y emmener Eden. “C’est pour lui montrer”. Dans l’après midi, nous nous arrêtons au bord de la rivière : il parait qu’il y a des sources chaudes. Et qui retrouve-t-on ? Amandine et les enfants ! Chouette ! On se baigne et on rit bien, appréciant le contraste entre l’eau fraîche de la rivière et celle franchement chaude de la cascade et des petits bassins qui se sont formés à ses pieds.

Sous la douche chaude des Hot Springs - Taupo - Nouvelle-Zélande
Sous la douche chaude des Hot Springs – Taupo – Nouvelle-Zélande

On quitte Amadine pour quelques heures : nous voulons voir les  Huka Falls avant de reprendre la route, jolie cascade de 11 mètres de haut mais au débit impressionnant : il suffit de 11 secondes pour remplir une piscine olympique ! Et puis cette couleur bleu pâle ! Trop beau. Après, si tu fais du rafting ici, tu as intérêt à être un pro 🙂

Mais il faut déjà partir : une autre aventure nous attend, et pas des moindre, demain on a décidé de faire le Tongariro !

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