Argentine : Buenos Aires et Peninsule Valdes. Manchots, éléphants et lions de mer.

Le 20 Mars, nouveau saut de la ligne de changement de date. Nous avions embarqué le 20 Mars à 20H d’Auckland. Nous atterrissons donc le 20 Mars à 15H à Buenos Aires, avec 16 heures de décalage horaire négatif par rapport à notre lieu d’embarquement, à la même date, donc ! Vraiment de quoi devenir fous ce méridien !

Bref, nous arrivons bien perturbés et fatigués à Buenos Aires.

Bien arrivés en Argentine ! - Buenos Aires
Bien arrivés en Argentine ! – Buenos Aires

Objectif : relier le plus vite possible le petit appartement que Geoffrey a loué dans le centre. Et comme à chaque arrivée dans un nouveau pays :

  • Etape 1 : Trouver de l’argent local. Il y a deux distributeurs dans l’aéroport. Mais les taux de commission sont énormes ! Tant pis, pas le choix, vu qu’ils sont fixes, on retire le max. C’est à dire pas grand chose : on est limités à l’équivalent d’une centaine d’Euros par retrait.
  • Etape 2 : Trouver une puce télécom locale. Ha… là on commence à sentir le changement d’ambiance par rapport à la Polynésie ou la Nouvelle-Zélande ! On est accueillis par une dame au large sourire avec son maté, la boisson nationale : une sorte de thé à base de “yerba buena” (un mélange d’herbes bonnes pour la santé, que les Argentins boivent à longueur de temps). Après une tonne de papiers à signer, des documents polycopiés en 5 exemplaires, on sort enfin de sa boutique, en ayant payé une somme assez dérisoire (comparé à la Polynésie !).
  • Etape 3 : Trouver un taxi sans se faire rouler. Ca, ce sera facile, il y a des vendeurs “officiels” dans l’aéroport. Notre chauffeur nous parle avec un grand sourire tout le long du trajet, trop content de trouver une oreille qui le comprenne (la mienne). Enfin…faut quand même que je fasse un effort, avec leurs “Che” qui remplacent le son “Li”, je m’y perds un peu…et cette oreille, j’ai intérêt à bien la tendre…

En chemin, notre chauffeur nous commente donc tous les lieux de Buenos Aires au fur et à mesure que nous traversons cette ville tentaculaire de près de 15 millions d’habitants avec sa banlieue. Ca nous change des îles polynésiennes de 3000 habitants, c’est sûr… Lorsque nous parvenons au centre, nous découvrons une ville aux très beaux bâtiments anciens au style très Européen, notamment le long de l’immense Avenue 9 de Julio (date de l’indépendance du pays, en 1816). Un beau portrait de femme est accroché à la façade d’un building (le ministère de la santé et de l’action sociale). Je demande à notre chauffeur qui c’est. Mais…Evita Peron évidemment. Enfin… Arf ! Evidemment ! LA femme la plus célèbre d’Argentine…comment ai-je pu oublier ? Faut qu’on se mette dans le bain, nous !

Avenida 9 de julio avec en fond l'obelisque - Buenos Aires - Argentine
Avenida 9 de julio avec en fond l’obelisque – Buenos Aires – Argentine

OK, mais pas aujourd’hui. Nos 16H de Jetlag ont raison de notre résistance. Nous faisons quelques courses dans un petit supermarché local, le temps de découvrir avec bonheur des prix étrangement bas (surtout après la Polynésie !!), et des produits assez comparables à ceux que nous connaissons en Europe. Nous dînons Calle Suipacha, dans notre super appartement, qui apparemment vient juste d’être rénové avec beaucoup de goût. Et nous nous couchons bien trop fatigués…Heu… y’a pas d’eau dans la salle de bain, là… trop fatigués. On verra demain.

Le 21 Mars, le réveil est TRES difficile. Ca ne va pas être facile-facile de se remettre de ce décalage horaire…Pendant que Geoffrey accueille le plombier, je pointe juste le nez dehors pour trouver la laverie du coin. Il y a urgence…Je découvre un quartier bien vivant, sympa, avec ses petites échoppes, ses cafés, sa jolie église toute blanche. Chouette ! Mais c’est finalement la faim qui fera sortir Geoffrey et Eden de l’appartement. De toute façon, on a une mission hautement stratégique aujourd’hui : Se rééquiper pour la Patagonie, car on risque un bon choc thermique après les îles Polynésiennes, voire de mourir congelés. Et ce n’est pas nos mini-doudounes qu’on se trimbale depuis notre départ en tour du monde qui vont nous permettre de survivre près de l’Antarctique…

Nous parvenons à la très belle place du General San Martin, le “Libertador” du pays, entourée de bâtiments des plus élégants au style très Européen, plantée de magnolias géants et de palmiers, et où trône, depuis le début du XXeme siècle, la statue de San Martin. Si ce n’était cette statue…on se croirait vraiment en Europe du Sud ici…Un building attire notre attention : c’est l‘edificio “Kavanah”, premier “gratte ciel” en béton armé, le plus haut du monde lors de son inauguration en 1936, aujourd’hui classé “monument historique”.

Mais les estomacs crient famine ! Nous nous engouffrons dans la calle Florida, piétonne, et coeur commerçant de la ville. D’ailleurs, les galeries marchandes succèdent ici aux vitrines de bijoutiers et de magasins de fourrure (Beurk)…On repère une vieille brasserie qui a l’air de s’être figée dans les années 50 et qui nous tend les bras. Beau bar, escalier en laiton et serveurs en habit noir. On adore !! Au menu ? De bonnes pâtes ! Je me régale de gnocchis me rappelant ceux de ma grand-mère…il y avait des siècles que je n’en avais pas mangé d’aussi bons ! Alors, je savais qu’en Argentine ils adoraient la viande et le vin. Je ne savais pas pour les pâtes ! Ne pas oublier que des milliers d’Italiens débarquèrent ici pour trouver du travail ! Et d’ailleur le “Che” de leur accent vient de la déformation des Italiens débarquant et apprenant l’Espagnol…Ma che..elle me plait de plus en plus cette ville ! En plus j’y retrouve mes racines (Italiennes) !

Après avoir repris des forces, direction le magasin Outlet de la marque “La Montagne” que Geoffrey a repéré sur le Net, et qui se trouve Calle Florida. Top ! En un tour de main, nous sommes rhabillés pour l’hiver (enfin on espère) ! Parkas, polaires, vêtements techniques… parfait ! Et pour pas trop cher, vu que c’est un Outlet ! Un vrai bon plan !

Nous reprenons notre balade, toujours Calle Florida. Nous franchissons les portes des très belles Galerias Pacifico, splendide galerie marchande fondée à la fin du XIXeme siècle, de style totalement Européen. A l’intérieur, sur deux étages, de grandes marques internationales ou Argentines sur lesquelles on ne s’attarde pas, et une magnifique coupole peinte qui nous laisse bouche bée.

Au bout de la calle Florida, nous parvenons enfin à la Plaza de Mayo, que je voulais absolument voir ! Lieu mythique pour l’Argentine s’il en est. C’est ici que les Espagnols plantèrent leur camp à leur arrivée, que le dernier Vice-roi d’Espagne fut expulsé, que se forma le premier gouvernement indépendant, le 25 Mai 1810, d’où le nom de la place, et même si l’indépendance réelle fut proclamée quelques années plus tard. C’est ici que le peuple vint toujours manifester, à l’époque du Péronisme, de la guerre des Malouines, ou encore durant la junte militaire.

C’est cette dernière période qui me marqua particulièrement et c’est pour elle que je voulais me rendre ici : Après un coup d’état en 1976, une dictature militaire s’abat sur l’Argentine. Entre autres horreurs, plus de 500 bébés furent enlevés à leurs mères, jugées “mal-pensantes”, pour être confiés à des familles “bien-pensantes”, en mal d’enfant. A partir de 1977, elles se mirent à défiler en rond, autour de l’Obelisco de la Plaza de Mayo, chaque jeudi, affublées d’un foulard blanc, symbole de ralliement, et représentant les langes de leurs enfants disparus. On les baptisa “les Folles de Mai”. Certaines mères disparurent alors, furent droguées et jetées vivantes d’avion au dessus de la mer. Les grand-mères prirent alors le relai, et elles défilent encore chaque jeudi, pour ne pas oublier. Des procès de cette période atroce, où tortures et exécutions sommaires étaient monnaie courante, sont encore en cours d’ailleurs. On compte plus de 30 000 disparus lors de ces 10 années d’horreur.

Devant l'obelisco de la Plaza de Mayo -Buenos AIres - Argentine
Devant l’obelisco de la Plaza de Mayo -Buenos AIres – Argentine

Après l’émotion de se retrouver sur cette place (nous ne verrons pas les Folles de Mai), nous la parcourons pour en admirer les bâtiments : la cathédrale, le “cabildo”, la mairie, le palais du gouvernement. J’ai envie de tout visiter. Mais Eden qui connaît bien ses parents, nous rappelle à l’ordre. On a dit “calme” aujourd’hui, et il est déjà tard…

El Cabildo - Plaza de Mayo - Buenos Aires - Argentine
El Cabildo – Plaza de Mayo – Buenos Aires – Argentine

Nous rentrons à pied dans notre quartier franchement très agréable. Les filles font les courses pendant que Geoffrey se fait couper les cheveux. Ici tout est ouvert jusque 21H, 22H. J’adore ! Enfin un pays, comme en Espagne, où je pourrais être à l’heure. Nous dînons dans notre bel appartement tranquillement quand même…

Le Vendredi 22 Mars, nous prenons un vol intérieur à l’Europarque, l’aéroport domestique de Buenos Aires, direction Puerto Madryn. Notre première étape en Patagonie sera pour la Péninsule Valdes, où de nombreux animaux marins nous attendent. Nous atterrissons à 15H, ce qui ne nous laissera pas franchement le temps de voir tous les attraits de Puerto Madryn….juste de quoi nous organiser pour le lendemain. Le chauffeur de taxi qui nous prend en charge à l’aéroport est encore bien bavard, et nous donne plein de conseils, nous explique les origines Galloises de la ville (d’où son nom), et que la ville vit aujourd’hui de l’aluminium avant tout.

Arrivée à Puerto Madryn - Argentine
Arrivée à Puerto Madryn – Argentine

Arrivés sur place, nous avons surtout l’impression d’être dans une station balnéaire bien vivante, même si nous sommes déjà hors saison…Une immense plage, une large promenade le long du front de mer invitent à la douceur. Mais avant, direction office de tourisme et loueur de voiture : les distances sont grandes, en Argentine, et les grosses bêtes qu’on espère voir ne vivent pas dans cette ville.

Mission accomplie, nous nous baladons le long de la plage, pour finir par nous poser dans un bar-restaurant face à la mer. Nous buvons un verre accompagné de tapas. Ha ! On sait vivre en Argentine ! Et puis ici on dîne… tard. L’influence, plus Hispanique que Galloise, se fait bien sentir. A 20H, fatigués et gelés, nous nous dirigeons vers la “Cantina Nautico”, une institution dans la ville, mais nous devons attendre un peu : on arrive trop tôt. Ca nous change des îles où on dîne plutôt vers 18H30 et où la vie s’arrête très tôt…Finalement les serveurs nous installent et nous dégustons de délicieux plats de poisson dans une ambiance surannée. Les prix sont tout doux pour les Européens que nous sommes, mais nous nous inquiétons vraiment pour les Argentins dont le Peso perd de la valeur quotidiennement…

Retour à notre hôtel dans un froid glacial. Le premier depuis notre arrivée en Argentine. Gloup… on savait qu’on était limite en saison (Mars correspond à l’automne ici) et on s’est rhabillés, mais est-ce que nos nouveaux vêtements suffiront ? En tout cas, on se prend un sacré choc thermique entre la Polynésie et ici…

Le 23 Mars, nous avons du mal à nous lever : nos nuits sont courtes et hachées depuis notre arrivée. Le décalage horaire se fait encore sentir…Qu’à cela ne tienne, la journée promet d’être belle : nous devrions arriver en fin de matinée à la Péninsule Valdes. Pas de temps à perdre : Geoffrey part récupérer la voiture et à nous la Patagonie ! Notre premier sentiment est celui d’un road trip à l’Américaine : De grandes routes asphaltées toutes droites dans un décor minéral de lande désertique. Il ne faudrait pas s’endormir… Mais le décor est bien trop beau pour ça.

On the Road... - Vers Punta Tombo - Argentine
On the Road… – Vers Punta Tombo – Argentine

Un panneau nous indique de faire attention aux lamas (!!!). Trop drôle ! Nous ne tardons d’ailleurs pas à en voir. Nos premiers lamas (des guanacos en vrai, mais on n’y connaît encore rien) ! Ceux que nous apercevons restent bien dans la lande et ne viennent pas sur la route, tout va bien.

A l’entrée de la Péninsule, nous atteignons le “centre pour visiteurs”, où un mini-musée et quelques infos sur les parcours nous attendent.

Classée Patrimoine mondial de l’Unesco, la péninsule fait une centaine de kilomètres de long sur une soixantaine de large, et est reliée au continent par un isthme dégageant deux golfes : le “golfo San José” et le “golfo nuevo”. Au programme : 250 km de piste nous attendent. La dame du centre nous indique par où nous pouvons passer, ou non, en raison des pluies récentes. On sait que la saison n’est pas bonne pour observer les baleines (elles viennent ici mettre bas et élever leurs baleineaux par centaines, de Juillet à Décembre, à tel point que la Péninsule est connue comme la “maternité de l’Atlantique Sud”), mais qu’importe, on devrait croiser pas mal de lions et d’éléphants de mer, entres autres, et ça nous met en joie ! Nous montons au mirador qui nous permet d’apprécier le décor et d’appréhender les deux golfes. Magnifique. Mais venteux ! On a vraiment bien fait de se rééquiper à Buenos Aires, tiens !

Vers midi, nous atteignons Puerto Piramides, 500 habitants, le seul village de le Péninsule. Ambiance bout du monde, pêche et maisons colorées. On se rapproche de l’Antarctique ! Nous sommes hors saison et c’est extrêmement calme. Il parait qu’on peut se baigner ici en été. Bon, là, franchement… non !

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Ambiance bout du monde à Puerto Piramides - Péninsule Valdes - Argentine
Ambiance bout du monde à Puerto Piramides – Péninsule Valdes – Argentine

Au centre du village, la Covacha, restaurant avec jolie terrasse ensoleillée nous tend les bras. Et puis il est l’heure de déjeuner ! Après réflexion, le soleil illumine la terrasse mais ne parvient pas à la réchauffer. On mangera à l’intérieur dans une déco un peu rasta, un peu Patagonie, un peu de tout, très chaleureuse.

Ayant repris des forces et des couleurs, nous posons nos bagages dans la petite “cabane” que nous avons louée derrière une pizzeria fermée (ben oui, on est hors saison). La chambre est charmante mais…froide ! Nous ressortons bien vite : on nous a dit que tout près du village nichait une colonie de lions de mer. Et après quelques kilomètres de belle piste (même si ça tourne et ça descend), nous les découvrons. Nos premiers gros animaux marins. Ils sont là, échoués, par dizaines. J’en suis toute émue !

On passe un très long moment à les observer avec les petites jumelles d’Eden. Belles bêtes : les mâles peuvent mesurer jusqu’à 3 mètres et peser plus de 300 kg alors que les femelles, toutes menues, ne font “que” 2 mètres pour 140 kg ! Et comme le lion de la savane, une belle crinière entoure la tête des mâles adultes. Les panneaux explicatifs nous en disent plus sur eux : leur façon de lutter pour conquérir les femelles, comment les femelles nourrissent leurs petits, ce qu’ils mangent, et surtout, comment ne pas les confondre avec les éléphants de mer. En fait ils sont marron (alors que les éléphants sont gris), et peuvent se déplacer grâce à leurs 4 pattes, alors que les éléphants ne font que ramper. Et puis les éléphants de mer n’ont pas d’oreille (:-)))

Mais il se met à pleuvoir de plus en plus fort, nous obligeant à abandonner les lions de mer. Retour au village, déprimés (un peu), dans notre chambre trop froide. Nous nous dirigeons vers notre auberge (déjà) fétiche, la Covacha, où nous nous réconcilions avec la vie autour d’un bon repas et d’un « petit verre », bière pour Geoffrey, vin pour moi (ben oui, on est en Argentine, et le vin est délicieux !). Le retour à notre chambre dans la nuit, la pluie, le vent et le froid nous fait un peu douter de notre capacité à nous adapter à la Patagonie quand même…

Heu.. elle est pas un peu grosse ta bière ? - Lutte contre le froid à Puerto Piramides - Péninsule Valdes - Argentine
Heu.. elle est pas un peu grosse ta bière ? – Lutte contre le froid à Puerto Piramides – Péninsule Valdes – Argentine

Au réveil, le 24 Mars, notre “pizzaiolo fermé pour cause de manque de touristes” nous attend dans sa grande salle en réfection avec un bon café et des croissants au sucre, une des spécialités de l’Argentine. De quoi nous réconforter. Vu le temps d’hier soir, il a quand même un doute sur le fait que les pistes pour traverser la péninsule soient praticables ou non. Ce serait ballot quand même de prendre l’avion puis de louer une voiture pour ne rien voir ! Finalement, il nous indique que tout va bien, on peut y aller ! Forcément, je ne suis pas super-rassurée au démarrage.

Pas de temps à perdre, nous voici partis direction Nord puis Centre, environ 75 km de piste.

Très vite, nous nous rendons compte que oui, il y a de l’eau sur les pistes, mais que non, on ne risque strictement rien. D’ailleurs, le soleil brille à nouveau, même si le vent souffle toujours. Petits arrêts pour admirer chevaux sauvages et guanacos, et la beauté du paysage également. Toujours cette lande sauvage et désertique, poétique.

Chevaux sauvages sur la piste - Péninsule Valdes - Argentine
Chevaux sauvages sur la piste – Péninsule Valdes – Argentine

Nous parvenons en bord de mer à la Caleta Valdes, entrée de mer parallèle à la côte sur plus de 30 km de long. On y apprend également pourquoi la péninsule s’appelle “Valdes” : c’est le nom de famille du Ministre de la marine Espagnol qui y envoya une première expédition sur la péninsule et découvrit la “caleta”.

Et là, première surprise. Des dizaines de petits manchots de Magellan trop mignons sont là, à quelques centimètres de nous. Ils vivent dans des petits terriers, et on n’a qu’une envie : les caresser. Mais nous nous retenons, évidemment. Ils ne sont pas farouches du tout, et nous font mourir de rire avec leur démarche chaloupée.

Petit écriteau pour en savoir plus sur ces jolies petites bêtes : Adultes ils mesurent entre 35 et 45 com et pèsent 3 à 5 kg…Ils sont hyper-fidèles, cherchant chaque année, au moment de revenir sur leurs terres, la même amoureuse que l’année passé, refaisant leur nid très exactement au même endroit, avec les mêmes pierres, pour faire de nouveaux bébés. Touchant non ? Et peut-être ne sommes-nous pas à la bonne saison pour espérer voir des baleines, autant les manchots sont encore tous bien là, attendant que leurs petits finissent leur mue pour prendre la mer vers des terres plus au Nord, moins froides, en Avril, vers le Sud du Brésil ou dans la région du Rio de la Plata.

Face à la mer... - Péninsule Valdes - Argentine
Face à la mer… – Péninsule Valdes – Argentine

En Anglais, on les nomme “Penguins” et en Espagnol “Pingüinos”, et même en Français, on a souvent envie de les appeler “Pingouins”. C’est une erreur : en 1520, lorsque l’équipage de Magellan les vit, il confondit ces petits manchots avec le Pingouin “impenis”, disparu au XIXeme siècle, qui lui ne vivait qu’en Arctique. Par abus de langage encore aujourd’hui, on confond ces deux espèces d’oiseaux, tous deux au plumage noir et blanc. Mais, alors que le pingouin vit en Arctique et peut voler, le manchot vit lui en Antarctique et ne sait pas voler. Voilà, on ne confondra plus. C’est simple pourtant ! Un peu comme les chameaux et les dromadaires !

Plumage anti-froid - Péninsule Valdes - Argentine
Plumage anti-froid – Péninsule Valdes – Argentine

Nous reprenons la route pour nous arrêter quelques kilomètres plus loin, à Punta Cantor. Là, un petit restaurant a été aménagé, mais on préfèrera pique-niquer (vite) dans le vent, mais au soleil. Un petit oiseau s’est posé sur un panneau invitant à respecter l’environnement et semble nous donner une leçon.

La minute écolo avec un piaf prof - Péninsule Valdes - Argentine
La minute écolo avec un piaf prof – Péninsule Valdes – Argentine

Des sentiers partent vers la plage en contrebas. Alors, les animaux marins, c’est fantastique, mais il ne faut pas négliger la beauté des paysages de la péninsule. On est complètement sous le charme !

Peninsule Valdes - Argentine
Peninsule Valdes – Argentine
Péninsule Valdes - Argentine
Péninsule Valdes – Argentine
Caleta Valdes, trop beau ! - Peninsule Valdes - Argentine
Caleta Valdes, trop beau ! – Peninsule Valdes – Argentine

Sur le sentier, tout à coup, Eden se met à hurler. Un tatou ! Mais oui !! Trop drôle cette petite bête. Elle construit des galeries partout et s’enfuit au moindre bruit. Mais elle ne disparaît pas assez vite pour échapper à nos yeux de lynx. Il faut dire qu’ils ont de quoi courir vite, les tatous. Pendant des siècles leur carapace a servi notamment pour faire des instruments de musique, comme la guitare notamment. En tout cas, nous on adore les voir s’enfuir à notre approche !

Tatou ! - Peninsule Valdes - Argentine
Tatou ! – Peninsule Valdes – Argentine

Sur les sentiers, nous en apprenons un peu plus sur les plantes de la péninsule également, notamment l’”herbe du diable”, aux pouvoir magiques. Les indigènes croyaient qu’en fumant cette herbe, une personne pouvait se défaire du “Galicho”, un des esprits malin de la mythologie indigène.

Flore Patagonienne - Peninsule Valdes - Argentine
Flore Patagonienne – Peninsule Valdes – Argentine

(A l’opposé, la “hierba buena”, herbe à mate, est elle toujours bien présente dans le quotidien des Argentins. Et son seul mal serait de boucher les toilettes des dames. Alors on les met en garde… “ne jetez pas votre herbe dans les WC”.)

« Ne pas jeter d’herbe à maté dans les toilettes » :-))) -Péninsule Valdes – Argentine

On ne verra pas d’orque ni de baleine, mais trouverons bien la colonie d’éléphants de mer. Bon, depuis la veille on ne les confondra plus avec les lions de mer. Ils sont plus gros encore que les lions de mer (jusque 5 mètres et 4 tonnes pour les mâles). Et puis de toute façon avec leurs “trompes”, ça ne risque pas. La fonction de cette protubérance est de faire caisse de résonance lors des luttes territoriales entre mâles. Et à l’opposé du fidèle manchot, l’éléphant de mer doit défendre tout un harem de femelles (jusque 100 femelles pour un mâle) ! Il a intérêt à savoir effrayer ses adversaires ! On apprend également que si l’éléphant de mer a failli être exterminé, chassé pour sa graisse (aliment et lampes à huile) au XIXeme et début du XXeme siècle, la population de la péninsule Valdes est la seule au monde à croître. Bravo !

En les voyant allongés comme ça, amorphes, on se doute que la saison des amours et des batailles est finie. Mais on oublie les efforts que font ces grosse bêtes pour se nourrir, pouvant plonger en apnée pendant deux heures, jusqu’à 1600 mètres de fond ! Ils ont bien droit à un petit somme en rentrant.

On regrette une fois de plus de n’avoir que des Iphones pour nos photos. Vraiment nul pour faire le portrait de ces grosses bêtes….

Nous reprenons un peu plus tard notre route jusqu’à l’extrémité nord de la presqu’île, à peu près 50 km plus loin, où ont élu domicile d’autres colonies de lions et d’éléphants de mer. Nous y croisons quelques véhicules étranges. Un peu trop de monde à notre goût ici (je n’ose pas imaginer en haute saison), mais nous sommes suffisamment loin pour ne pas perturber les gros mammifères. 

Une fois de plus, pas d’orque à l’horizon. En même temps comme elles viennent pour croquer les bébés lions et éléphants qui apprennent à nager avant la migration, je ne suis pas mécontente de ne pas assister au spectacle…Nous restons une bonne heure, voire plus, à les voir évoluer (très lentement hors de l’eau et étrangement vite dans l’eau), pestons après notre manque de zoom. Heureusement un gros télescope est là et nous avons l’impression d’être juste à côté d’eux.

 

Enfin nous remontons dans la voiture, grisés des beautés de la nature et du vent qui nous a fouetté le visage toute la journée. Encore une bonne paire d’heures de piste pour parcourir les 80 km qui nous séparent de Puerto Piramides. Il fait toujours aussi froid, mais nous avons un sourire indéfectible scotché aux lèvres. 

En arrivant au village, Geoffrey veut se dégourir les jambes et part, seul, se balader le long de la mer. Eden et moi allons nous coller à un chauffage. Encore un bon repas dans notre cantine  préférée et retour dans le froid de notre chambrette…

Péninsule Valdes - Argentine
Péninsule Valdes – Argentine

Le 25 Mars, nous partons sans trop nous presser de la péninsule. On a fini par se sentir vraiment bien dans cette ambiance un peu “Far West” (plutôt Far East en réalité), loin du tourisme de masse, avec notre “dueno” (propriétaire) bien sympathique malgré le froid de sa chambre, et notre cantine ensoleillée. Bref, on va acheter notre pique-nique à la boulangerie qui fait de si bons croissants, puis on passe à l’épicerie pour ce qu’il nous manque. Un vieux monsieur avec un accent à couper au couteau nous indique qu’on a un pneu à plat. Ha forcément, avec les pistes d’hier… Mille merci M’sieur ! Direction la station essence où le jeune pompiste nous regonfle ça en deux temps trois mouvements. Normal, super sympa. On aime de plus en plus la simplicité et la gentillesse des gens d’ici.

On finit par prendre la route un peu tard. Un peu trop tard, en réalité. Car aujourd’hui nous nous rendons à Punta Tombo à un peu plus de 200 km et 3H30 de route ! Toute droite certes, mais nous qui avions l’impression d’être “pas loin”, nous nous rendons compte que les distances sont énormes en Argentine. Bref, nous pique-niquons très tard, à notre arrivée, après les quelques kilomètres de bonne piste qui mène à la plus grande colonie de manchots de Magellan au monde, une fois quittée la route asphaltée !!! Trop contents !! Nous les avions adorés la veille. Et là, nous savions que nous allions en voir plein !!

Bienvenus à Punta Tombo ! - Argentine
Bienvenus à Punta Tombo ! – Argentine

La visite commence par un petit musée du manchot, avec jolies photos et reconstitution de leur habitat. Mais ce qui nous attire, c’est évidemment la réserve naturelle, vers laquelle nous nous dirigeons bien vite.

Et dès la barrière franchie, un petit manchot semble nous attendre. Et nous, nous sommes tout attendris de le voir là. “Coucou petit manchot !”

On avait dit
On avait dit « pas de photo » ! -Punta Tombo – Argentine

On nous a bien expliqué : ce sont nous qui sommes chez eux et non l’inverse. Alors nous avons le droit de déambuler, sur des passerelles uniquement, mais s’ils traversent ou ont décidé de s’arrêter sur la chaussée, ils ont la priorité.

Très vite, on commence à voir d’autres manchots, et puis d’autres encore ! Mais il y en a… des milliers ! Plus d’un million quand ils sont tous là. Et même si certains ont déjà commencé leur migration, je ne sais pas combien sont encore là, mais énormément. On se croirait dans une véritable ville, “la capitale mondiale des manchots” (de Magellan), avec leurs petits nids, un peu partout. C’est incroyable, certains se sont installés vraiment loin de la mer ! A plus de 1 km, paraît-il.

Jolies et émouvantes scènes tout au long de notre parcours de 3,5 km. Nous nous amusons à leur inventer des histoires, des vies. “La ville c’est sympa mais moi j’adore la migration. J’ai une petite plage isolée sur la côte Brésilienne, je te dis que ça. “ “Oui mais ici tu as tout. Le poisson, l’école pour les enfants”…

Eden se livre à un véritable reportage-photo.

Certains sont bagués, pour pouvoir les étudier. Et de même, leurs nids sont marqués de petits morceaux de tissu coloré pour être reconnus. On sait ainsi que certains manchots atteignent plus de 30 ans !

Des guanacos vivent aussi sur les terres des manchots. Peut-être parce qu’ils savent qu’ils seront tranquilles ici.

Manchot de guanacos - Punta Tombo - Argentine
Manchot et guanacos – Punta Tombo – Argentine

A la fin du chemin, nous avons une vue plongeante sur leur plage, et nous nous amusons à les voir sortir des flots.

Mais déjà il nous faut faire demi-tour. Ce soir nous dormons à Trelew, à 120 km de là. Encore une ville au nom Gallois : une petite communauté s’y implanta au XIXeme siècle, comme à Puerto Madryn, l’Argentine leur offrant des terres, pour éviter une colonisation de la péninsule Valdes par le Chili.

Nous arrivons en ville à plus de 20H, bien fatigués par la route. Enfin, surtout Geoffrey, c’est quand même lui qui roule. La ville ne nous fait pas bonne impression : l’arrivée est jonchée de déchets…. comme en Asie. Grrr ! Même ici !!! Alors qu’on vient de passer quelques heures hors du monde, au milieu des manchots… Bon, OK, il y a aussi un énorme dinosaure, un peu comme Woinic le sanglier ardennais (pour les amis de là-bas), mais en plus vieux. En effet, la ville est réputée pour son  musée paléontologique et ses fossiles de dinos de plus de 40 millions d’année.

Bienvenus à Trelew - Argentine
Bienvenus à Trelew – Argentine

Finalement le centre ville est une bonne surprise. Nous sortons vite dîner dans un restaurant conseillé par notre hôtel : Sugar. Heu… c’est pas un peu trop classe pour nous ici, non ? On se régale finalement d’un bon plat et d’un bon petit verre de vin. Un délice. Et contre toute attente, l’addition reste douce. C’est top l’Argentine !

Allez, vite, au lit ! Car demain nous prenons un vol tôt pour “El Calafate”, bien plus au Sud.

Joli petit manchot - Punta Tombo - Argentine
Joli petit manchot – Punta Tombo – Argentine

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