Argentine : Buenos Aires, retrouvailles entre cousins !

Le 9 Avril au soir, nous atterrissons à Buenos Aires depuis Ushuaïa. Nous retournons dans le même ensemble d’appartements, à Suipacha, quartier bien situé, central, où nous avons déjà quelques repères. Dîner rapide dans notre appartement, aussi propre et rénové que le premier, avant de nous coucher bien vite (enfin, après une bonne douche quand même, vu notre état après notre dernière visite en Terre de Feu).

Le 10 Avril est une journée flottante, à pas grand chose. Une journée d’attente. Demain, nos cousins adorés Carole, Eric et leurs enfants Théo et Eline arrivent !! Et on piaffe d’impatience. On a un mal fou à se motiver pour faire quelque chose, même si Buenos Aires nous a fait forte impression lors de notre premier passage, juste avant la Patagonie. Nous finissons par sortir de l’appartement et nous promener dans Retiro, notre quartier.

Paris ? Non, Buenos Aires
Paris ? Non, Buenos Aires

Retour sur la Plaza San Martin, où nous nous attardons un peu plus dans les jardins. Nous repassons devant San Martin, le “libertador”, et devant l’immeuble Kavanah, que nous n’oublions pas de photographier cette fois-ci.

San Martin ! - Buenos Aires - Argentine
San Martin ! – Buenos Aires – Argentine

Le parc s’étire sur quatre places qui s’enchainent en fait les unes aux autres. San Martin, Fuerzas Aereras, Del Carril et Canada. Entre les deux premières, une pelouse en pente inclinée invite au repos par cette belle journée ensoleillée. Et nous ne nous privons pas d’une petite pause dans l’herbe, pieds nus. Ca fait un bien fou après le froid de Patagonie.

Jeu dans le parc derrière la Plaza San Martin - Buenos Aires
Jeu dans le parc derrière la Plaza San Martin – Buenos Aires

Un peu plus tard, nous reprenons notre promenade et atteignons en quelques pas ladite “Plaza de las Fuerzas Aereas”, anciennement “Plaza Britanica”, qui fut débaptisée à cause de la guerre des Malouines. Décidément…un bon gros traumatisme… Ici encore, un monument en hommage aux victimes a pris place. Mais ce n’était pas lui que nous étions venus admirer : ici se dresse une réplique (en plus petit) de Big Ben, anciennement “Torre de los Ingleses” et rebaptisée elle aussi, désormais “Torre Monumental”. Elle fut en fait offerte par les résidents Anglais à l’Argentine pour le centenaire de son indépendance en 1910.

Big Ben ? Non Torre Monumental, ex Torre de los Ingleses - Buenos Aires - Argentine
Big Ben ? Non Torre Monumental, ex Torre de los Ingleses – Buenos Aires – Argentine

Nous bifurquons vers l’Ouest, pour voir la gare ferroviaire de Retiro, inspirée des gares américaines du début du siècle, avec son architecture métallique et ses anciens comptoirs toujours en place. Las, aujourd’hui elle a perdu de son intérêt : en Argentine, on circule essentiellement en bus ou en avion, et les lignes de train ont quasi disparu…

Mais nous n’avons guère le cœur à la visite, même si ces bâtiments sont jolis. Nous remontons la rue commerçante Florida. Geoffrey décide de rentrer. Aucune envie de nous accompagner dans une virée shopping. Alors Eden et moi partons seules explorer les boutiques des Galeries Pacifico, où nous ne nous étions pas arrêtés la dernière fois. Nous y découvrons une boutique Salomon. Intéressant ! Nos chaussures sont en train de rendre l’âme, et celles d’Eden sont trop petites…. Bon, on verra tout cela plus tard. Les galeries ont été envahies par une manifestation, et Eden et moi tentons une percée au milieu. Retour à l’appartement. Demain…ils arrivent !!

Le 11 Avril, nous déménageons : pour le séjour avec nos cousins à Buenos Aires, en guise d’appartement, nous avons réservé une Casa de Tango. L’excitation est à son comble. Ils vont arriver, ils vont arriver !!! Youhou !!! Ca fait des jours qu’Eden compte le nombre de nuits avant leur arrivée ! On est trop contents ! Mais si on ne se dépêche pas, ils seront à la Casa avant nous ! 

Ouf ! Nous finissons par prendre possession des lieux quelques minutes avant qu’ils n’arrivent !

En attendant les cousins, chez Hugo del Carril - Buenos Aires - Argentine
En attendant les cousins, chez Hugo del Carril – Buenos Aires – Argentine

Ils sont en bas, nous dévalons les escaliers. Bon, il faut d’abord qu’on trouve comment ouvrir la porte de l’immeuble, car là, on s’est précipités, mais nous nous faisons face, nous dans le hall, eux à l’extérieur, sans parvenir à ouvrir… Ca y est ! On se saute dans les bras ! Ils ont voyagé toute la nuit et sont en plein Jetlag, mais ravis d’être là aussi.

Et c’est sur une musique de Hugo Del Carril, chanteur de Tango émérite des années 30 chez qui nous logeons (enfin, il est mort…), que nous accueillons ENFIN Carole, Eric, Theo, Eline !! La matinée passe en retrouvailles, rattraper le temps perdu, les dernières nouvelles de France, et installation. 

Le phonographe d'Hugo del Carril - Buenos Aires - Argentine
Le phonographe d’Hugo del Carril – Buenos Aires – Argentine

On a un peu l’impression de vivre chez un fantôme…L’appartement est pour le moins “dans son jus”. Le parquet grince, la cuisine et les salles de bain sont d’un autre temps..il faut faire attention aux meubles, fragiles, particulièrement ce bureau où il composait ses mélodies. Et puis les vitrines et cadres, pleins de souvenirs à la gloire de l’artiste. Il y a encore des spots au plafond, pour les soirées dansantes organisées ici, en poussant la table de la salle à manger. Hugo del Carril. Le voisin a racheté l’appartement après la mort de Hugo del Carril, mais il commence tout juste à rénover….

Nous sortons pour déjeuner dans un pub assez peu Argentin au service très très…lent… Nous parvenons enfin à partir à la découverte de la ville avec les cousins, pourtant bien fatigués…Aujourd’hui nous explorons le Centro.

Nos pas nous mènent au Congreso National, magnifique (et imposant) bâtiment du début du siècle, qui abrite le sénat et la chambre des députés. Avec son dôme en bronze, il rappelle le Capitole de Washington.

Premiers pas ensemble dans Buenos Aires - Argentine
Premiers pas ensemble dans Buenos Aires – Argentine
Congres National - Buenos Aires - Argentine
Congres National – Buenos Aires – Argentine
Congreso Nacional - Buenos Aires - Argentine
Congreso Nacional – Buenos Aires – Argentine

Mais alors que nous traversons la place devant le bâtiment pour rejoindre l’Avenida de Mayo, une grosse manifestation nous fait face. C’est bien ce que nous ressentons depuis notre arrivée en Argentine : le pays souffre actuellement. Le peso a décroché et son cours est chaque jour plus bas, et l’inflation qui était à peu près jugulée a repris de plus belle. Bien quand on voyage avec des Euros, pas bien quand on est Argentin. La colère gronde et les classes moyennes serrent les dents alors que leur pouvoir d’achat s’en ressent tous les jours un peu plus. L’ombre de la crise de 1998 plane… Nous voici pris dans le flot des manifestants. Le Che a encore une belle aura ici, et on le voit partout. 

Manifestations devant le congres - Buenos Aires - Argentine
Manifestations devant le congres – Buenos Aires – Argentine
Manifestations dans Buenos Aires. Vive le Che ! - Argentine
Manifestations dans Buenos Aires. Vive le Che ! – Argentine

Nous finissons par remonter dans le sens opposé des manifestants, que nous laisserons bientôt derrière nous… pour remonter cette belle avenue qui fut le premier boulevard de Buenos Aires, à la fin du XIXème siècle, et directement inspiré de notre Baron Haussmann. Beaux édifices art nouveau, platanes. On se croirait à s’y méprendre sur nos grands Boulevards, (les manifestations incluses).

Nous traversons bientôt l’impressionnante Avenida 9 de Julio (date de l’indépendance du pays), dont la percée en 1936 nécessita de détruire plus de 25 blocs d’immeubles ! Résultat : 140 mètres de large ! Nous admirons enfin de près le fameux profil d’Evita Perron sur le ministère de la santé et de l’action sociale, et, que je n’avais pas reconnue à notre arrivée. 

Conquistador y Evita Perron - Avenida 9 de Julio - Buenos Aires - Argentine
Conquistador y Evita Perron – Avenida 9 de Julio – Buenos Aires – Argentine

Et nous poursuivons sur l’Avenida de Mayo.

Carole n’est pas innocente au choix de notre itinéraire : nous parvenons bientôt au très célèbre et gourmand “Café Tortoni”, une institution dans la ville, leur café de Flore à eux, le “chocolate con churros” en plus. Fondé en 1858 par un français, c’est le plus célèbre des cafés de Buenos Aires et si historiquement il fut le lieu de rendez-vous des artistes et des intellectuels, s’il est aujourd’hui celui des touristes…. Qu’à cela ne tienne, nous patientons… finalement assez peu avant qu’une table pour 7 ne se libère de façon assez inespérée. Nous pouvons admirer l’intérieur de ce splendide café “Belle époque”, avec ses belles verrières, son bois brun foncé et ses tables en marbres. Il parait qu’on peut parfois y voir du tango…

Nous nous régalons comme il se doit (un peu trop quand même) de glaces, churros et autres douceurs. Hum !! Pas bon pour la ligne, l’Argentine !

Puis nous retournons à l’incontournable Plaza de Mayo, que nous avions déjà vue lors de notre première visite, mais en nous attardant cette fois-ci également sur les bâtiments qui la jouxtent : la cathédrale Metropolitana, qui date du XIXeme siècle, et dont les 12 colonnes néo-classiques sont inspirées du Palais Bourbon (l’Assemblée Nationale à Paris), et de l’art grec, donc. A l’intérieur, au fond, nous découvrons le fameux San Cristo del Gran Amor, patron des footballeurs (on est en Argentine, et ici le foot est une religion !), et puis surtout, le mausolée de San Martin, le fameux libérateur de l’Argentine. 

Souvenir bien vivace des disparus - Sur le sol de la Plaza de Mayo - Buenos Aires - Argentine
Souvenir bien vivace des disparus – Sur le sol de la Plaza de Mayo – Buenos Aires – Argentine
Cathédrale - Plaza de Mayo - Buenos Aires - Argentine
Cathédrale – Plaza de Mayo – Buenos Aires – Argentine
Dans la cathédrale - Plaza de Mayo - Buenos Aires - Argentine
Dans la cathédrale – Plaza de Mayo – Buenos Aires – Argentine

Nous entrons dans le Cabildo, l’un des derniers immeubles de l’époque coloniale, qui abrita jusqu’en 1821 la mairie de Buenos Aires. Il abrite désormais un musée, gratuit : le “museo historico national del cabildo y de la revolucion de mayo” (ils auraient pas pu trouver un nom plus court…), ouvert en 2010 pour fêter le 200eme anniversaire de la révolution de mai 2010. Divers objets d’époque coloniale, tableaux ou bijoux sont exposés. Au travers de fresques murales, on y découvre comment les Anglais tentèrent d’envahir l’Argentine en 1806 et 1807, sans succès, et puis surtout la salle où se réunirent les premiers conseillers municipaux après avoir destitué le vice-roi d’Espagne, lors de la révolution qui mena quelques années plus tard à l’indépendance de l’Argentine.

Cabildo - Plaza de Mayo - Buenos Aires - Argentine
Cabildo – Plaza de Mayo – Buenos Aires – Argentine

Nous ne visiterons pas plus que précédemment la Casa Rosada (le palais du gouvernement), mais en apprécions les beautés. 

Casa Rosa - Plaza de Mayo - Buenos Aires - argentine
Casa Rosada – Plaza de Mayo – Buenos Aires – argentine

Carole nous mène ensuite à la Libreria de Avila, dans les rues adjacentes à la plaza de mayo. C’est la plus vieille librairie de la ville, fondée en 1785. A partir de l’indépendance, les intellectuels en firent un de leurs lieux de rendez-vous préféré. Elle vit ainsi passer nombre d’écrivains du pays. Nous y passons un long moment à flâner entre les piles de vieux livres poussiéreux. Nos enfants s’arrêtent devant le rayon “langue française”. Et chacun y déniche un trésor ou deux. Poésie, vieux roman, traité de science…A l’heure des smartphones, la lecture a encore de beaux jours apparemment !

Un peu plus loin, nous entrons dans la farmacia La Estrella, elle aussi une des plus anciennes de la ville, datant de 1834. Elle fut longtemps à la pointe mondiale, créant et important des médicaments du monde entier. C’est toujours une pharmacie aujourd’hui, et elle a gardé ses anciens meubles en bois d’époque, ses fresques au plafond et son sol en mosaïques originels. Très joli ! Mais surtout, ce qui nous attire, c’est sa balance ! Ça fait maintenant 7 mois que nous voyageons et nous ne nous sommes jamais pesés ! Geoffrey s’aventure en premier sur la chose. Et il est… ravi ! Il n’a jamais été si léger (et en bonne santé !). Le voyage lui réussit ! Il a perdu environ 5 kg. Eden passe en deuxième. Hum… Elle a le même poids qu’au départ, mais elle a grandi et on est en fin d’après-midi. Il va falloir la remplumer un peu. Je passe en dernière, hésitante. Et moi… je n’ai jamais été aussi lourde, sauf enceinte ! C’est pas juste ! M’enfin forcément, à faire 3 (vrais) repas par jour et à finir les plats de ma fille, à manger des crêpes au Dulce de Leche, ça ne pardonne pas ! Je suis dégoûtée…   Bon, on sort du café Tortoni, je viens de manger plein de churros… On verra ça plus tard, je ne vais pas faire le régime maintenant…

Nous contournons un peu plus tard la Casa rosada, juste le temps de voir le coucher de soleil sur les tours de la City.

Vue sur la City - Buenos Aires - Argentine
Vue sur la City – Buenos Aires – Argentine

Un peu plus loin, nous passons devant l’imposant Edificio Libertador, actuel ministère de la défense, puis nous découvrons le nouveau CCK ou Centro Cultural Nestor Kirchner, qui a pris place dans l’ancienne poste centrale de Buenos Aires, très beau bâtiment de la fin du XIXeme siècle, largement inspiré…de l’architecture classique Française du XIXeme…. Il est ce soir tout paré de bleu, couleur que nous retrouvons dans une installation à l’intérieur. Apparemment on y donne de très beaux spectacles musicaux et de danse. Nous ne nous aventurerons pas plus loin que le hall d’entrée mais encore un lieu auquel on ne s’attend pas ici et qui montrer l’effervescence culturelle de la ville.

Edificio Libertador, siège du ministère de la défense - Buenos Aires
Edificio Libertador, siège du ministère de la défense – Buenos Aires

Retour à pied à notre casa de tango pour un repos plus que mérité. Sur le chemin, nous nous arrêtons sur un spectacle de rue. Trop pointu pour nous… désolés, mais l’art est partout !

Juste avant d’arriver, une salle de boxe est carrément ouverte sur la rue. On regarde un peu les sportifs s’entraîner. Autre type de spectacle offert à tous. 

Entrainement de boxe - Buenos Aires - Argentine
Entrainement de boxe – Buenos Aires – Argentine

Mais les cousins sont vraiment au bout de leurs forces. Quelques bonnes empanadas (encore un truc qui fait maigrir tiens !) en tous au lit ! Eden veut jouer au loup garou (jeu de carte). “Ben, t’es toute seule ma biche, on est tous crevé…Demain, promis.”

Le 12 Avril, nous sommes ultra motivés pour découvrir d’autres quartiers de Buenos Aires. Et nous sommes sur le pied de guerre très tôt, avantage du décalage horaire pour les cousins :-)) Par contre, Eden nous rappelle à l’ordre. “On avait dit qu’on ferait un loup”. Elle a beau avoir bientôt 10 ans, j’ai l’impression d’être face à la petite fille dans la pub “t’avais dit qu’on mangerait des knackies”. Bon, OK, OK, on se prête tous de bonne grâce à un loup garou. Hou… il est où le fantôme d’Hugo Del Carril au fait ? 

Le Loup garou en famille - chez Hugo del Carril - Buenos Aires - Argentine
Le Loup garou en famille – chez Hugo del Carril – Buenos Aires – Argentine

Ca y est, nous sommes tous prêts pour partir à la conquête de Buenos Aires et surtout de son quartier mythique pour un amateur de foot comme Eric : La Boca, celui qui a vu naître Maradonna et bien d’autres stars du ballon rond Argentin. 

Nous prenons deux taxis, et perdons Carole et sa famille en route. Nous arrivons les premiers sur les lieux. 

On dit que “Les Mexicains descendent des Aztèques, les Péruviens des Incas et les Argentins des bateaux”… Et Buenos Aires, c’est un peu le New York de l’Amérique du Sud. C’est ici qu’arrivèrent les immigrants de toute l’Europe à la fin du XIXème siècle, dans le quartier de la Boca en particulier, à l’embouchure (Boca signifie “bouche”) du Rio Riachuelo. Grecs, Turcs mais surtout Italiens vinrent s’installer ici pour fuir la misère et travailler au port. 

La Boca, c’est donc le quartier historique et prolétaire de la ville. D’ailleurs, il parait qu’il ne fait pas bon s’y perdre, en dehors des quelques rues touristiques. 

On espère que les cousins ne sont pas perdus dans un coupe gorge, justement… 

Notre taxi, à nous, nous a bien déposé comme prévu devant le musée “Quinquela Martin” : C’est grâce à cette personne que le quartier attire aujourd’hui autant de touristes. El Senor Martin est un enfant du quartier, un peintre devenu célèbre dans les années 30 mais qui resta toujours fidèle à son quartier d’origine. Il y fit d’ailleurs construire une école, l’actuel musée qui porte son nom. Une fois celle-ci achevée, il demanda aux habitants de venir la peindre. Et chacun arrive avec ses restes de peinture, chacun de couleur différente. Les gens apprécient le style de l’école, et décident alors de peindre de même leurs pauvres petites maisons de tôle et de bois : mettre de la couleur, de la gaité, pour se rire de la pauvreté. Et toute personne visitant Buenos Aires vient admirer les rouges, jaunes, verts, bleus des maisonnettes. 

Nous sommes accueillis par un panneau indiquant “Bienvenidos a la Republica de la Boca”. Il a une âme sacrément forte, ce quartier ! On apprendra plus tard que cette “Republica de la Boca » fut bel et bien déclarée en 1907, par les migrants Gênois. Ceci ne changea rien à l’histoire, mais quand même… 

Nous nous dirigeons vers Caminito, LA rue qu’il faut voir, la plus touristique, la plus colorée, la plus photogénique. Et comme il n’est pas encore trop tard, nous ne sommes pas seuls, mais ce n’est pas la cohue annoncée. 

Début de Caminito - Quartier de la Boca - Buenos Aires - Argentine
Début de Caminito – Quartier de la Boca – Buenos Aires – Argentine

Nous ne sommes pas encore engagés dans la rue que déjà nous découvrons les premiers danseurs de Tango travaillant “au chapeau”. Il faut dire que c’est ici, à la Boca qu’est née cette danse : les premiers marins Italiens, privés de femmes restées au pays, se mirent, avec nostalgie, à danser entre eux, pour devenir les meilleurs danseurs qui soient, et gagner les faveurs des jeunes filles du cru. Et c’est ainsi que naquit la danse la plus sensuelle et mélancolique qui soit. On apprécie le spectacle, en tout cas.

Aux sources du Tango - Quartier de la Boca - Buenos Aires - Argentine
Aux sources du Tango – Quartier de la Boca – Buenos Aires – Argentine

A quelques mètres de là, les premiers aquarellistes ont sorti leurs écheveaux, et exposent des toiles de qualité… discutable. Enfin, de toute qualité… Car la Boca, c’est aussi le berceau de la bohème artistique et littéraire. D’ailleurs, d’anciennes usines désaffectées sont aujourd’hui reconverties en centres culturels. Et dans les années 70, les habitants ont obtenu l’autorisation de vendre leurs œuvres dans la rue.

Aquarellistes de Caminito - Quartier de la Boca - Buenos Aires - Argentine
Aquarellistes de Caminito – Quartier de la Boca – Buenos Aires – Argentine

Mais la rue Caminito, ce mini-Montmartre, ne fait que quelques mètres. Alors nous commençons à arpenter les rues adjacentes, quand enfin nous retrouvons Carole, Eric, Théo et Eline. Ouf ! Tout va bien. Nous poursuivons notre promenade avec eux, et en profitons pour mitrailler le quartier avec nos smartphones et nous fabriquer de beaux souvenirs.

La matinée est vite passée. Nous nous dirigeons vers “La Perla”, restaurant situé presque à l’entrée de Caminito. Il parait que c’est un des rares restaurants à avoir conservé son authenticité. Façade peinte avec les stars footballistiques du coin, et intérieur en bois sombre, avec photos de cinéma en noir et blanc. Joli. Mais on opte pour la grande terrasse. Il fait beau et en plus on peut voir les danseurs de tango d’autres restaurants faisant quelques pas pour attirer le chalant. Pour notre part, pasta obligatoire dans ce quartier Italien ! Enfin, pour moi. D’autres se régalent de viande Argentine ou autres bonnes choses. La bonne humeur est au rendez-vous. On est bien là ! Mais bon, le temps passe, passe, et le service est lent, lent… encore plus que la veille. C’est pas tout ça mais on a visite de la ville, nous !

On sort bien tard du restaurant… Et on croise… Diego . Enfin, presque. Son sosie officiel. Celui qui est en photo sur le guide du routard version 2019 ! Eric a le guide à la main. On lui demande s’il est au courant. Oui ! Et il n’en est pas peu fier. Ça fait 20 ans qu’il joue les sosies, nous annonce-t-il tout fier. Et on l’amuse apparemment beaucoup aussi. Il nous raconte qu’il a rencontré Maradona, qui l’a d’ailleurs invité, etc, etc… De bonne grâce, il nous signe un autographe dans le guide et se prête au jeu des photos. Pour une petite pièce, quand même, c’est son fond de commerce 🙂

Maintenant, on file vite là où Eric voulait absolument aller, La Bombonera ! Car si à la Boca on danse le Tango, on n’a qu’une religion : le Foot ! Et on n’a qu’un club : La Boca Junior, et un Stade : La Bombonera ! Le Dieu, ici ? Maradona ! C’est là qu’il fit ses débuts en 1977. Et c’est ici que fut fondée en 1998 l’église Maradonienne … vouant son culte à Diego !!! Elle compte quand même 100 000 fidèles (dans 60 pays) !!! 

Le stade, datant de 1940, est totalement repeint aux couleurs du club. A l’entrée, une fresque reprend les grands moments du club et les portraits des grands joueurs. Au sol, les étoiles du ballon rond, à la manière d’Hollywood Boulevard. Bon, j’avoue, je ne connais que Diego…

Son étrange nom, le stade le tient de son architecte, qui venait à chaque réunion de chantier avec une bonbonnière qu’on lui avait offerte, de la forme de son stade. Elle devint un objet fétiche, et les dirigeants du club surnommèrent le stade ainsi. “J’vous ai apporté des bonbons…” (je sais pas si Brel aimait le foot ?)

Eric, en tout cas, lui, aurait adoré voir un match ici, mais les Boca Junior ne jouent pas ces jours-ci, alors on se contentera du musée, qui donne aussi accès à l’intérieur du stade. Nous y découvrons maillots, coupes, histoire des champions qui ont fait le club.

Et puis nous pénétrons dans les gradins. Etrangement, alors que le stade peut contenir 50 000 supporters, on le trouve assez petit, plutôt profond, très bétonné. Comme ça, on n’est jamais trop loin du terrain, remarque. En tout cas, il parait que les soirs de match, l’ambiance est totalement électrique ici, et qu’elle déborde sur toutes les rues avoisinantes. On n’a pas intérêt à supporter une autre équipe que son voisin !!

Puis nous retournons tranquillement vers Caminito, de quoi traverser d’autres rues, un peu moins colorées mais plus authentiques.

 

Il est déjà quasi 18H, les touristes ont déserté, et l’ambiance change. Allez, on monte dans des taxis, retour au centre.

Les taxis nous arrête (cette fois-ci sans qu’on se perde) devant le Theatro Colon, sur l’Avenida 9 de Julio. Le bâtiment est magnifique, dans un style très Européen. Il a été bâti par un architecte Italien, et inauguré en 1908. Clémenceau qui s’y rendit, déclara “c’est le plus grand et probablement le plus beau théâtre du monde”. Les plus grands y passèrent en tout cas, de Caruso à la Callas, ou Stravinski, et l’endroit est aujourd’hui considéré comme l’un des plus hauts lieux de la scène lirique, avec la Scala de Milan ou l’Opéra de Vienne. Las, nous ne pourrons pas le visiter, nous arrivons trop tard…

Theatro Colon - Buenos Aires - Argentine
Theatro Colon – Buenos Aires – Argentine

Bon, comme nous sommes sur l’Avenida 9 de Julio, nous décidons de marcher jusqu’aux deux lettres de verdure B.A pour Buenos Aires, et pour LA photo que tout touriste se doit d’avoir, avec l’obélisque en toile de fond. Construit en 1936 pour les 400 ans de la ville, il est le repère incontournable de la ville autour duquel nous tournons depuis notre arrivée . Mais il faut faire la queue, pour être sur la photo. Ca nous énerve…. et nous renonçons finalement.

B.A : Buenos Aires, drapeau argentin et obelisque
B.A : Buenos Aires, drapeau argentin et obelisque

Retour au Theatro Colon, pour le contourner et tomber sur la jolie et très grande Plaza Lavalle, avec ses magnifiques bâtiments, dont l’entrée de l’Opéra, le palais de justice, ses jets d’eau, ses sculptures et ses arbres centenaires. Instants poétiques. On y passe un long moment alors que la journée s’achève. 

Et puis nous rentrons chez nous, chez Hugo le joueur de Tango, pour jouer, nous, au Loup Garou, au Uno, et manger des empanadas. On est bien ensemble !

Demain…changement d’ambiance, on part découvrir les chutes d’eau d’Iguazu !

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