Réalisation d’un rêve : aller au bout du monde ! Ushuaïa !

Le 5 Avril, nous passons une GRANDE journée en bus, 12H “tout confort” pour nous mener de Puerto Natales, au Chili, à Ushuaïa, la ville la plus australe au monde, en Argentine. 

Il parait que les vents y sont d’une rare violence, et la température maximale ne dépasse pas 10 degrés pendant l’été… Espérons que nous aurons de la chance.

La ville est la porte d’entrée de l’Antarctique : c’est de là que partent les bateaux qui y font route, au bout de la Terre de Feu.

Dans le bus, on pourrait croire que l’on s’ennuie mais il n’en est rien. Les routes sont belles, même si le temps est maussade, et nous en profitons pour faire des leçons avec Eden et éponger un peu notre retard de blog… Et puis nous sommes trop excités ! Dans le bus nous retrouvons le couple de jeunes français rencontré à El Calafate, avec qui nous avions déjà pris le bus jusque Puerto Natales. Décidément, le monde est petit (drôle de se dire ça alors qu’on atteint le bout du monde)…ou nous suivons tous le même itinéraire (ce qui est plus probable).

Dans la matinée, nous prenons un ferry pour traverser le Détroit de Magellan et rejoindre l’Archipel qu’est la Terre de Feu, une région grande comme l’Irlande, en équilibre entre le Chili et l’Argentine.

Nous descendons tous du bus.

Ferry sur le détroit de Magellan
Ferry sur le détroit de Magellan

Sentiment fort : ça y est, on s’en rapproche, du bout du monde ! On le sent. Rien que le nom du détroit a nourri notre imaginaire… Et puis un petit phare sur le canal nous le rappelle bien !

Phare sur le détroit de Magellan
Phare sur le détroit de Magellan
Geoffrey, sur le ferry, sur le détroit de Magellan
Geoffrey, sur le ferry, sur le détroit de Magellan

Nous montons à bord du ferry, sur le pont supérieur. En bas, les bus se chargent à leur tour. Le nôtre affiche clairement la couleur. USHUAIA !

Notre bus, direction "USHUAÏA" !!
Notre bus, direction « USHUAÏA » !!
Le Ferry, Patagonia ! C'est écrit dessus !
Le Ferry, Patagonia ! C’est écrit dessus !

Il fait bien frais mais nous sommes comme des fous sur les pontons, comme tout le monde d’ailleurs. On immortalise le passage en Terre de feu, la pointe la plus au Sud de l’Amérique du Sud, la plus proche de l’Antarctique !

Tous les trois, presque au bout du monde ! Sur le détroit de Magellan
Tous les trois, presque au bout du monde ! Sur le détroit de Magellan

Et puis soudain, dans les eaux froides du canal, des dauphins viennent nous saluer. Hello ! Ils nous suivent tout le long de la traversée. Magique ! (Grrr ! Encore cet IPhone sans Zoom. Tant pis, reste à me croire sur parole une fois de plus…)

Sur la rive en face, une fresque marque le ton : nous sommes ici sur les terres des Yamanas, des Selk’nam et des Haushs, les premiers habitants qui peuplèrent ces terres si froides du globe. 

D’ailleurs, le nom de la région témoigne de leur présence : Magellan, en s’aventurant dans les parages, voyait au loin des feux. Il baptisa donc la région “Terre de feu”. Il s’agissait simplement des feux de camp des habitants de la région. 

Terre de Feu, fresque d'accueil sur le détroit de Magellan
Terre de Feu, fresque d’accueil sur le détroit de Magellan
Bienvenus en Terre de Feu !!
Bienvenus en Terre de Feu !!

Vers l’heure du déjeuner, nous passons la frontière, retour en Argentine officiel. Une simple formalité pour le coup, contrairement à l’aller et son vidage de sac en règle…

En fin d’après-midi, nous arrivons sur les hauteurs d’Ushuaïa (la “Baie vers l’Est” en langage Yamana). Il fait très gris, très froid. On ne voit déjà plus grand chose. Face à nous, le canal de Beagles. Derrière nous, les collines sur lesquelles est construite la ville, toute en étages, qui ferait presque penser à San Francisco, en plus triste.

Pour isoler du froid, les maisons sont recouvertes de tôle grise, répondant au gris du ciel, comme à Puerto Natales.

Au fond, les monts Martial et Olivia aux sommets enneigés nous rappellent qu’Ushuaïa se situe au bout de la cordillère des Andes.

Premières Images d'Ushuaïa, sur le Canal de Beagle - Terre de Feu - Argentine
Premières Images d’Ushuaïa, sur le Canal de Beagle – Terre de Feu – Argentine

Nous remontons vers la rue principale. Et nous découvrons une ville ultra-animée, où les commerces et les restaurants s’enchaînent. Il y a même un Hard Rock Café ! Ce n’est pas comme ça qu’on imaginait le bout du monde… Bien touristique, quand même !

La ville compte désormais plus de 55 000 habitants et  vit en effet essentiellement du tourisme. Il faut dire qu’au delà des croisières Antarctiques, c’est également une zone franche. Alors nombre d’enseignes de luxe y ont élu domicile ces dernières années.

Ushuaïa et son Hard Rock Café ! - Terre de Feu - Argentine
Ushuaïa et son Hard Rock Café ! – Terre de Feu – Argentine

Nous finissons par rejoindre notre petit appartement, sur les hauteurs de la ville, tout propret, dans un immeuble récent. Il fait bien, bien, bien froid, comme prévu 🙂 mais notre appartement est bien chauffé, lui, et nous nous sentons immédiatement chez nous dans ce petit cocon. Mais il nous faut quand même ressortir pour diner et faire les courses pour les prochains jours. Vite, vite, et puis nous remettre au chaud. Y’a même Netflix !!

Le 6 Avril, démarrage difficile pour partir à la découverte d’Ushuaïa. Dur de sortir de la chaleur de l’appartement en voyant la pluie et en imaginant le froid dehors. Nous en profitons pour rester sous la couette un peu plus que prévu. Nous sortons déjeuner pour découvrir l’une des spécialités d’Argentine (à oublier d’urgence) : le mauvais hot dog….

Nous prenons ensuite la direction de l’office de tourisme et du front de mer. Les petites agences placées là dans leurs maisonnettes toute pimpantes et colorées ont quand même du mal à faire oublier que le ciel est totalement plombé. Mais qu’importe, nous sommes au bout du monde, là, jusqu’où où nous voulions aller. Nous réalisons un rêve. Alors, nous prenons LA photo du bout du monde, comme il se doit. 

La Photo du bout du monde - Usuhaïa - Canal de Beagle - Ushuaïa - Terre de Feu - Argentine
La Photo du bout du monde – Usuhaïa – Canal de Beagle – Ushuaïa – Terre de Feu – Argentine

Bien emmitouflés, nous flânons le long du canal. Des cormorans batifolent dans les eaux glaciales et nous passons de longues minutes à les observer.

Mais il faut bouger, ou nous allons nous transformer en glaçons. Nous marchons un peu le long de la promenade qui borde le canal, où est exposée toute une galerie de sculptures des héros de l’Antarctique : 

  • Adrien de Cerlache, explorateur polaire. Un Belge ayant découvert une bonne partie de l’Antarctique en 1897.
  • Jose Maria Sobral, premier Argentin qui passa l’hiver en Antarctique, en 1901
  • Gustavo Aldolfo Giro Tapper, qui traversa 2000 km de l’Antarctique en 1962 pendant la nuit polaire.
  • Hugo Alberto Acuna 18 ans, premier civil Argentin volontaire à aller en Antarctique en 1904
  • Hernan Pujato, Général, qui fut le premier à voler au dessus de l’Antarctique
  • Etc…

Parfum d’aventure extrême et de dépassement de soi. Je repense aux reportages de mon enfance qui me faisaient rêver…

Explorateurs de l'Antarctique - Ushuaïa - Terre de Feu - Argentine
Explorateurs de l’Antarctique – Ushuaïa – Terre de Feu – Argentine

Nous nous dirigeons vers le Museo de Historia Fueguina pour achever l’après-midi. Et c’est une bonne surprise. Nous nous y amusons beaucoup tout en apprenant énormément de choses sur l’histoire de la Terre de feu. Elle nous est contée au travers de scènes de vie dans lesquelles prennent place des personnages en cire, type “Musée Grévin”. Et nous déambulons d’une pièce et d’un siècle à l’autre, tout en pouvant prendre place dans certains décors. Eden s’en donne à coeur joie !

Les premières pièces sont consacrées aux Indiens, peuples de nomades, qui peuplaient à Terre de feu 10 000 ans avant l’arrivée des colons : 

Les Selk’nam, qui vivaient dans les steppes, chasseurs de guanacos, qui pratiquaient des rites de passage à l’âge adulte assez impressionnants, avec peintures corporelles et masques, rites lors desquels étaient transmis le savoir et l’histoire des mythes fondateurs.

Selk’nam - Museo de Historia Fueguina - Ushuaïa - Terre de Feu - Argentine
Selk’nam – Museo de Historia Fueguina – Ushuaïa – Terre de Feu – Argentine

Les Haush, assez semblables aux Selk’nam, et le plus petit groupe.

Et puis les étonnants Yamanas, qui vivaient essentiellement dans leurs canoës, nus, parfois sous une simple “cape” en cuir, chassant le lion de mer et se nourrissant de coquillages, entre le Canal de Beagles et le Cap Horn. Il paraît qu’ils avaient des pieds étrangement petits par rapport au reste de leur corps, car ils marchaient peu, vivant essentiellement sur leurs canoës.

Yamanas - Museo de Historia Fueguina - Ushuaïa - Terre de Feu - Argentine
Yamanas – Museo de Historia Fueguina – Ushuaïa – Terre de Feu – Argentine

Viennent ensuite les grands explorateurs : 

Magellan, qui mit 5 semaines à remonter le canal de Beagle, à cause de la météo,

James Cook qui rencontra les Yamanas à la fin du XVIIIeme siècle avant de poursuivre son périple vers la Polynésie

C'est encore loin le bout du monde ? - Museo de Historia Fueguina - Ushuaïa - Terre de Feu - Argentine
C’est encore loin le bout du monde ? – Museo de Historia Fueguina – Ushuaïa – Terre de Feu – Argentine

mais aussi le capitaine Fitz Roy (tiens tiens, on le connait, lui) et Darwin, qui vint étudier les spécificités locales sur leur bateau, le Beagle (d’où le canal du même nom), et qui ramena des Indiens en Angleterre en 1831.

Eden et Darwin en grande discussion - Museo de Historia Fueguina - Ushuaïa - Terre de Feu - Argentine
Eden et Darwin en grande discussion – Museo de Historia Fueguina – Ushuaïa – Terre de Feu – Argentine
Mignons Manchots - Museo de Historia Fueguina - Ushuaïa - Terre de Feu - Argentine
Mignons Manchots – Museo de Historia Fueguina – Ushuaïa – Terre de Feu – Argentine

Puis le pasteur Anglican Thomas Bridges qui fut le premier Européen à s’installer durablement ici, avec sa femme, en 1870 (La Terre de Feu fut le dernier territoire vierge de colonie d’Amérique du Sud, jusque 1862).

Ensuite, la prison et le bagne qui permirent la création de la ville d’Ushuaia, avec certains prisonniers célèbres. Ici comme en Australie, les premiers colons furent en réalité des bagnards ! Nous y découvrons le visage de Cayetano Santos Godino, le plus grand tueur en série que connut l’Argentine ! Effrayant. Il commença à tuer des enfants quand il en était encore un lui-même. Brrr…

Bagnards - Museo de Historia Fueguina - Ushuaïa - Terre de Feu - Argentine
Bagnards – Museo de Historia Fueguina – Ushuaïa – Terre de Feu – Argentine

La visite s’achève sur l’aventure de l’explorateur anglais Ernest Shakleton qui resta prisonnier de l’Antarctique avec 27 de ses hommes durant 497 jours en 1914 ! Véritable leader, il parvint à les tenir tous en vie jusqu’à leur sauvetage.

Ernest Shakleton - Dans le museo de Historia Fueguina - Ushuaïa - Terre de Feu - Argentine
Ernest Shakleton – Dans le museo de Historia Fueguina – Ushuaïa – Terre de Feu – Argentine
L'équipage d'Ernest Shakleton (et une fillette) - Museo de Historia Fueguina - Ushuaïa - Terre de Feu - Argentine
L’équipage d’Ernest Shakleton (et une fillette) – Museo de Historia Fueguina – Ushuaïa – Terre de Feu – Argentine

Ce soir, petit appel avec tous nos amis de Paris, réunis pour un grand dîner chez Marc et Mag. A les voir tous ainsi, on aimerait bien être avec eux.. C’est parfois dur l’éloignement…Bon, on va se consoler avec une petite bouteille de vin Argentin devant Netflix, puisque c’est comme ça…

Le 7 Avril, une belle journée nous attend. Pas trop froide, espère-t-on…

Nous partons en fin de matinée pour visiter l’autre grand musée de la ville : la prison d’Ushuaïa. Elle abrite désormais le “Muséo Maritimo y del Presidio”, immense, héréroclyte, où chaque aile  accueille un thème bien distinct des autres. Nous y visiterons essentiellement le musée maritime et celui de l’histoire de la prison, et ferons un passage éclair au musée de l’Antarctique et au musée d’Art….En tout cas s’il fait vraiment mauvais à Ushuaia, il y a moyen de passer une journée entière ici !

Le Musée Maritime reprend ce que nous avons déjà découvert la veille au Musée de cire.

Devant le Musée "Maritimo y del Presidio - Ushuaïa - Terre de feu - Argentine
Devant le Musée « Maritimo y del Presidio – Ushuaïa – Terre de feu – Argentine

Le début y retrace à nouveau la vie des Amérindiens, décimés par l’arrivée des colons : Les Yamanas, qui étaient environ 2500 en 1860, n’étaient plus que 300 en 1890 et avaient quasi disparu dans les années 30. En cause : les maladies apportées par l’homme blanc, mais aussi, horreur, de véritables chasse à l’homme opérées par les premiers colons pour pouvoir “s’installer tranquillement”. Aujourd’hui, une seule personne au monde parle encore Yagan (la langue des Yamanas). Une vieille dame qui vit toujours en Terre de Feu…

Les Yamanas, rhabillés par les Européens - Ushuaïa - Terre de Feu - Argentine
Les Yamanas, rhabillés par les Européens – Ushuaïa – Terre de Feu – Argentine

Défilent ensuite de nombreuses maquettes des bateaux qui s’aventurèrent dans la région.

Celui de Magellan, qui ne faisait que 27 mètres, celui de Fitz Roy et Darwin, guère plus grand, et bien d’autres. Nous découvrons également les “CapHorniens” qui reliaient la Californie des chercheurs d’or à la côte Est Américaine avant que n’existent le canal de Panama et le train aux Etats-Unis. Enfin une petite partie présente tous les naufrages qui se produisirent dans ces eaux dangereuses, comme ce paquebot Allemand qui s’échoua dans le canal de Beagles en 1930 et coula avec 1500 personnes à bord. Heureusement, les passagers purent être sauvés ! En attendant de les évacuer, ils furent amenés à la prison…pour se réchauffer.

Maquette de galion - Muséo Maritimo y del Presidio - Ushuaïa - Terre de Feu - Argentine
Maquette de galion – Muséo Maritimo y del Presidio – Ushuaïa – Terre de Feu – Argentine

Nous nous engageons ensuite dans la section “Prison” : Le gouvernement Argentin y envoya les premiers prisonniers en 1896. Au départ, il s’agissait de volontaires récidivistes uniquement. 11 hommes et 9 femmes. Des prisonniers politiques. Puis ce furent de grands criminels. La discipline y était sévère et les conditions de vie des plus dures. Les bagnards développèrent dans la prison des ateliers regroupant tous les services nécessaires à la ville : imprimerie, téléphone, pompiers…mais aussi et surtout, ce sont eux qui construisirent les rues, les ponts, les bâtiments d’Ushuaïa et qui exploitèrent la forêt environnante.

On y retrouve des personnages de cire dans des cellules “rénovées” dans une des ailes. On y découvre tout de leur façon de vivre, et les prisonniers célèbres qui peuplèrent les lieux.

Eden et le gardien de prison de cire - Muséo Maritimo y del Presidio - Ushuaïa - Terre de Feu - Argentine
Eden et le gardien de prison de cire – Muséo Maritimo y del Presidio – Ushuaïa – Terre de Feu – Argentine

Et puis nous nous aventurons dans l’aile restée “en l’état”. Le froid et l’exiguité des cellules nous saisissent immédiatement. Geoffrey y passe un long moment. Eden et moi…non. Trop glauque…

Dans la prison d'Ushuaïa - Terre de Feu - Argentine
Dans la prison d’Ushuaïa – Terre de Feu – Argentine

Le bagne fut fermé en 1947, et les installations reprises par le Ministère de la Marine, pour en faire une base navale en 1950. D’ailleurs, le port d’UshuaIa abrite encore aujourd’hui quelques navires de guerre.

Bateau de guerre - Baie d'Ushuaïa - Terre de Feu - Argentine
Bateau de guerre – Baie d’Ushuaïa – Terre de Feu – Argentine

Nous achevons la visite par le centre de la prison, qui expose de façon assez incongrue une très amusante collection de manchots en papier mâché, oeuvre d’artistes locaux.

Expo de manchots - Muséo Maritimo y del Presidio - Ushuaïa - Terre de Feu - Argentine
Expo de manchots – Muséo Maritimo y del Presidio – Ushuaïa – Terre de Feu – Argentine

C’est ainsi de bonne humeur “quand même” que nous nous dirigeons vers le port pour goûter à une des spécialités locales : le crabe ! Nous nous arrêtons dans l’un des restaurants qui fait face aux petits kiosques des agences de tourisme, et c’est une bonne pioche. Service efficace, nappes blanches, verre de vin et plats (à base de crabe) délicieux. Et contre toute attente, nous ne sommes pas entourés de touristes Américains ou Européens mais bien d’Argentins. Super ambiance !

Mais il faut nous dépêcher : cet après-midi nous partons pour une croisière sur le Canal de Beagle ! Evidemment, nous ne sommes pas tout seuls. Il doit y avoir 70 ou 80 personnes à bord de notre bateau, mais naviguer sur le canal du Bout du Monde, à 150 km du Cap Horn reste une expérience inoubliable. Et puis nous devrions revoir des animaux ! Alors c’est parti pour 4H de bateau. 

Nous prenons place avec un jeune couple de Français, eux aussi en tour du monde, et qui nous donnerons quelques bons conseils sur les pays que nous prévoyons de visiter prochainement, et un couple d’Argentins retraités. Elle, est une ancienne professeur de Français, et craque sur Eden. Extrêmement chaleureuse, elle nous donnera plein de clés pour mieux comprendre son pays. L’une de ses filles habite en France. Alors, c’est un peu comme un “échange” : elle espère sûrement que les Français seront avec elle aussi accueillants qu’elle ne l’est avec nous. J’ai comme un doute.. En tout cas nous nous quitterons avec force embrassades. Et c’est officiel, les Argentins sont ADORABLES !

Mais revenons à la croisière…Nous n’arrêterons pas de faire des aller-retour entre l’intérieur et l’extérieur, juste le temps de nous réchauffer pour ne pas mourrir de froid…mais le spectacle est évidemment dehors. Par chance, en plus, le temps s’est découvert !

A quelques centaines de mètres du départ, nous nous arrêtons à la Isla de los Pajaros (l’île aux oiseaux). Ils sont là, sur leur petit rocher, par centaines. Au début, nous pensons qu’il s’agit de petits manchots, mais non ! Il s’agit de cormorans royaux au plumage noir et blanc !

Cormorans royaux - Isla de los Pajaros - Canal de Beagle - Terre de Feu - Argentine
Cormorans royaux – Isla de los Pajaros – Canal de Beagle – Terre de Feu – Argentine

Second arrêt un peu plus loin, sur l’Isla de los Lobos, où, mêlés aux cormorans royaux nous découvrons une importante colonie de lions de mer

Ca me rappelle franchement la Péninsule Valdes ! Nous sommes aux anges !

Lion de mer - Isla de los lobos - Canal de Beagle - Terre de Feu - Argentine
Lion de mer – Isla de los lobos – Canal de Beagle – Terre de Feu – Argentine
Lions de mer - Isla de los Lobos - Canal de Beagle - Terre de Feu - Argentine
Lions de mer – Isla de los Lobos – Canal de Beagle – Terre de Feu – Argentine
Colonie de lions de mer - Isla de los Lobos - Canal de Beagle - Terre de Feu - Argentine
Colonie de lions de mer – Isla de los Lobos – Canal de Beagle – Terre de Feu – Argentine
Lions de mer - Isla de los Lobos - Canal de Beagle - Terre de Feu - Argentine
Lions de mer – Isla de los Lobos – Canal de Beagle – Terre de Feu – Argentine
Lions de mer et cormorans- Isla de los Lobos - Canal de Beagle - Terre de Feu - Argentine
Lions de mer et cormorans- Isla de los Lobos – Canal de Beagle – Terre de Feu – Argentine
Lions de mer - Isla de los Lobos - Canal de Beagle - Terre de Feu - Argentine
Lions de mer – Isla de los Lobos – Canal de Beagle – Terre de Feu – Argentine

Encore quelques minutes, et nous atteignons l’entrée de la baie d’Ushuaïa, marqué par le phare “Les éclaireurs”. C’est contre lui que s’échoua le paquebot Allemand en 1930 alors que, construit en 1920, il était censé protéger des dangers de la Terre de Feu…

Nous poursuivons notre longue remontée du canal de Beagles, entourés de sommets enneigés, le soleil fait semblant de nous réchauffer, mais il n’en est rien en réalité. 

Geoffrey devant le phare "Les éclaireurs" - Canal de Beagle - Terre de Feu - Argentine
Geoffrey devant le phare « Les éclaireurs » – Canal de Beagle – Terre de Feu – Argentine
Phare "Les éclaireurs" - Canal de Beagle - Terre de Feu - Argentine
Phare « Les éclaireurs » – Canal de Beagle – Terre de Feu – Argentine

Et là, grande surprise ! Nous sommes suivis par… des baleines !! On est comme des fous ! Depuis le début de notre tour du monde, nous ne parvenons pas à les voir. Nous ne sommes jamais au bon endroit au bon moment, jamais à la bonne saison. Et les voici ! Elles sont en train de repartir vers l’Antarctique après avoir donné naissance et pris soin de leurs petits un peu plus au Nord.

Eden saute comme un petit cabri, toute émue. Comment peut-il en être autrement face à la grâce de ces animaux hors norme ? Elles nous suivent un bon moment. Leur taille nous impressionne. Spectacle exceptionnel. Et puis, tout à coup, l’une d’entre elles plonge, montrant sa queue. L’émotion est à son comble…Encore quelques minutes, et puis elles s’éloignent.

En vrai y'a des baleines sur la photo - Canal de Beagle - Terre de Feu - Argentine
En vrai y’a des baleines sur la photo – Canal de Beagle – Terre de Feu – Argentine

Nous parvenons au point le plus éloigné de notre croisière, face à la Isla Martillo. Elle abrite une grande colonie de manchots de Magellan, nos chouchous de Punta Tumbo, les mêmes ! Et toujours aussi adorables ! Il y a aussi quelques manchots Papous. Mais ici nous n’avons pas le droit de débarquer, rien n’est aménagé pour ça. Le bateau fait demi-tour et approche l’arrière au plus proche de la rive. C’est la cohue. Tout le monde veut sa photo avec les manchots (bon, nous aussi, objectivement). On n’apprécie finalement que peu le moment, et nous avons surtout l’impression de beaucoup déranger ces pauvres petites bêtes avec le bruit de nos moteurs. Je suis presque soulagée lorsque nous repartons enfin.

Petits manchots de Magellan - Isla Martillo- Canal de Beagle - Terre de Feu - Argentine
Petits manchots de Magellan – Isla Martillo- Canal de Beagle – Terre de Feu – Argentine
Petits manchots de Magellan - Isla Martillo- Canal de Beagle - Terre de Feu - Argentine
Petits manchots de Magellan – Isla Martillo- Canal de Beagle – Terre de Feu – Argentine
Petits manchots de Magellan - Isla Martillo- Canal de Beagle - Terre de Feu - Argentine
Petits manchots de Magellan – Isla Martillo- Canal de Beagle – Terre de Feu – Argentine
Manchots de Magellan - Isla Martillo - Canal de Beagle - Terre de Feu - Argentine
Manchots de Magellan – Isla Martillo – Canal de Beagle – Terre de Feu – Argentine

Et puis c’est le retour, alors que la nuit tombe. Nous doublons les lumières d’une “ville”. Ce n’est pas Ushuaïa, mais Puerto Williams, petit village Chilien de 2200 âmes, un peu plus austral qu’Ushuaïa et donc officiellement “village le plus au Sud de la planète” ! La prochaine fois, on y va 🙂

A bord, nous nous réchauffons avec un chocolat chaud et discutons tranquillement avec nos voisins, tout aussi heureux que nous d’être là. Et puis retour à notre petit cocon d’appartement pour un bon dîner maison.

Nous avons loué une voiture pour les deux jours suivant parce que les tours organisés, c’est bien, et certaines choses sont difficiles d’accès autrement, mais franchement, on préfère découvrir tout seuls, et puis pour tenter de maîtriser notre budget également…Naviguer en Terre de feu reste une expérience exceptionnelle, et le prix de ce type de sortie s’en ressent. 

Alors, le 8 Avril, c’est “marche et pique-nique” dans le Parc National de la Terre de feu. En plus, ça nous manquait, la marche… Bon, mais pour nous y rendre, on attend quand même que le loueur de voiture arrive. C’est le moins cher du coin, et il n’a pas de bureau ni de garage, alors il livre ses clients “à domicile”. Quand il arrive, comment dire…on a un gros doute. Ca roule, cette chose ? Et le contrat, il y en a un ? On le rédige sur le capot de la voiture. Pas vraiment propre (gentil euphémisme), et franchement vieille, la voiture. Au moins, on n’aura pas peur de l’abimer… 

Et puis pour sortir de la ville, on va vite éprouver ses freins et sa reprise dans les rues aux pentes à plus de 30 degrés ! Tu le sens mon chéri le démarrage en côte ?

Ouf, ça y est, nous longeons désormais le canal de Beagle, avant de rentrer dans l’intérieur des terres pour prendre la direction du parc. Et pour cette belle journée en plein air, le soleil est de sortie aussi. Super ! 

Nous doublons le départ du Tren del fin del mundo, le train des anciens bagnards, qui borde le parc, et qui aujourd’hui constitue une des attractions touristiques de la région. Puis nous pénétrons bientôt dans le parc. Fondé en 1960, il longe la frontière avec le Chili à l’Est, borde la queue des Andes, et trouve sa limite avec le Canal de Beagle au Sud.

Nous roulons dans un paysage de steppe Patagonienne et d’étangs que nous commençons à bien connaître, pour nous garer devant le centre d’interprétation Alakush, histoire de prendre des renseignements. On peut ici se faire tamponner son passeport pour se souvenir de son passage. Seul Geoffrey a le sien, Eden et moi enrageons. On a droit à un petit tampon quand même…sur un bout de papier !

On en apprend un peu plus sur l’environnement que nous allons découvrir tout à l’heure également : nous évoluons dans la forêt Subantarctique, constitué de deux sortes principales d’arbres ressemblant à des hêtres : la lengua, le plus commun, dont les Yamanas utilisaient l’écorce pour faire leurs canoës, et le guindo. En dehors des forêts, le paysage est fait de steppes et de tourbières.

Quant à la faune, une vingtaine de mammifères et une petite centaine d’espèces d’oiseaux évoluent dans le parc, mais aucun amphibien, bizarrement.

Renards roux, guanacos, chauve-souris, héron-cendré, oie sauvage sont endémiques, mais une espèce introduite par l’homme cause de grands ravages : le castor ! Alors que certains ont cru faire fortune grâce à sa fourrure, aujourd’hui, sans prédateur, il prolifère sans qu’on sache comment l’éradiquer, détruisant les forêts, détournant des rivières et causant des inondations avec ses barrages ! La solution qu’ont proposée les autorités : le chasser pour le manger ! (bon, on n’a pas goûté…). Aussi catastrophique que l’opossum en Nouvelle-Zélande apparemment… Et si l’homme arrêtait de jouer aux apprentis-sorciers ?

Chevaux sauvages- Parc National Terre de Feu - Argentine
Chevaux sauvages- Parc National Terre de Feu – Argentine
Oiseau de la Terre de Feu - Parc National Tierra de Fuego - Argentine
Oiseau de la Terre de Feu – Parc National Tierra de Fuego – Argentine

Nous décidons de nous aventurer sur le sentier “Hito XXIV”, 7 km aller-retour, et 3H de marche prévue (mais on ira bien plus vite). Il longe le lac Acigami, et mène à la frontière Chilienne (tiens, on pourrait créer un trafic de saucisson et de miel par ici..). 

Nous nous rendons en voiture au départ du sentier. Hum… le parking est complètement détrempé, et nous manquons de nous embourber avec notre super-voiture-hors-d’âge.

Je ne sais pas quel sera l’état des chemins, mais allons-y !

Juste, avant de partir, nous admirons le panorama sur le lac, magnifique, avec les sommets enneigés qui l’entourent. 

Devant le Lac Acigami - Parc National Terre de Feu - Argentine
Devant le Lac Acigami – Parc National Terre de Feu – Argentine
Lac Acigami - Parc National Terre de Feu - Argentine
Lac Acigami – Parc National Terre de Feu – Argentine

Le sentier s’enfonce dans les bois. Et nous nous amusons à repérer la végétation que nous avons découverte au centre d’interprétation. La balade est ultra-facile, surtout quand on a fait le Fitz Roy ou le Tongariro ! Déjà, il n’y a pas de dénivelé. Par contre, le fait d’être dans les sous-bois fait que nous avons beaucoup de mal à nous réchauffer.

Marche dans la forêt - Parc National Terre de Feu - Argentine
Marche dans la forêt – Parc National Terre de Feu – Argentine
Dans la forêt - Parc National Terre de Feu - Argentine
Dans la forêt – Parc National Terre de Feu – Argentine
Lichen - Parc National de la Terre de Feu - Argentine
Lichen – Parc National de la Terre de Feu – Argentine
Dans la forêt - Parc National Terre de Feu - Argentine
Dans la forêt – Parc National Terre de Feu – Argentine

Au bout d’une petite heure de marche, nous parvenons à la frontière. On s’amuse pas mal. “Moi, je suis au Chili, et toi en Argentine, etc..”.

Frontière Chilienne - Parc National Terre de Feu - Argentine
Frontière Chilienne – Parc National Terre de Feu – Argentine

Jusqu’ici nous n’avons croisé personne, mais nous sommes rejoints par le petit couple de Français avec qui nous avons fait la croisière hier. Décidément, les Français sont partout en Patagonie ! Même là où il n’y a personne. 

Nous sortons du bois après la séance photo “passage de frontière illégal”, pour nous retrouver sur les rives cristallines du lac et pique-niquer au soleil, qui apporte de jolies couleurs mais très très peu de chaleur. Les sandwichs “au saucisson (!!)” sont du coup vite avalés, pour revenir sur nos pas.

Lac Acigami - Parc National Terre de Feu - Argentine
Lac Acigami – Parc National Terre de Feu – Argentine
Lac Acigami - Parc National Terre de Feu - Argentine
Lac Acigami – Parc National Terre de Feu – Argentine

La balade était belle mais assez simple et finalement trop courte à notre goût…

Lac Acigami - Parc National Terre de Feu - Argentine
Lac Acigami – Parc National Terre de Feu – Argentine

Nous décidons donc de parcourir les sentiers autour de la baie Lapataia. 5 petits kilomètres supplémentaires, qui devraient nous combler cette fois.

Nous démarrons par le Paseo de la Isla, où nous longeons les rivières Lapataia et Ovando pour observer des oiseaux aquatiques. Hérons et canards sont bien au rendez-vous, tout va bien. 

Un point de vue sur une lagune aux couleurs bleu-glacier nous enchante : la laguna verde.

Laguna Verde - Parc National Terre de Feu - Argentine
Laguna Verde – Parc National Terre de Feu – Argentine
Laguna Verde - Parc National Terre de Feu - Argentine
Laguna Verde – Parc National Terre de Feu – Argentine

Un peu plus loin, nous nous rendons à la laguna negra. En fait de lac, il s’agit d’une tourbière. D’où sa couleur bien sombre, effectivement, contrastant avec le lac précédent. Ici le milieu humide et hostile ne permet pas la décomposition des végétaux. Sans oxygène, les plantes mortes s’accumulent et se compriment alors pour former la “tourbe”, sorte de terre hyper grasse et humide, de marécage, dans lequel je ne vous conseille pas de marcher. 

Steppe - Parc National de la Terre de Feu - Argentine
Steppe – Parc National de la Terre de Feu – Argentine
Parc National Tierra de Fuego - Argentine
Parc National Tierra de Fuego – Argentine
Parc National Tierra de Fuego - Argentine
Parc National Tierra de Fuego – Argentine

Le sentier suivant nous fait évoluer dans la steppe et à travers bois pour découvrir depuis un mirador en hauteur la baie Lapataia. Wahoo, c’est franchement beau là-bas ! Nous descendons du point de vue rapidement, pour nous retrouver sur ses rives dont la lande s’est parée de couleurs automnales magnifiques. 

baie Lapataia - Parc National Tierra de Fuego - Argentine
baie Lapataia – Parc National Tierra de Fuego – Argentine

Un peu plus loin, nous retrouvons la route, la fameuse Ruta 3, celle qui mène “au bout du monde”, après 3000 km parcourus depuis Buenos Aires. He bien ici, c’est la fin de la route !! On est officiellement au bout du monde !! Après Ushuaia. Voilà ! 

On est officiellement au bout de la province "Terre de Feu et Antarctique"
On est officiellement au bout de la province « Terre de Feu et Antarctique »
Fin de la Ruta 3. - Parc National - Terre de Feu - Argentine
Fin de la Ruta 3. – Parc National – Terre de Feu – Argentine

Derrière, des petites passerelles permettent d’accéder à la baie facilement, pour en admirer les beautés. Et c’est vrai que c’est juste… A gauche et à droite des falaises réduisent la vision, formant une espèce de porte, s’ouvrant sur la Cordillière des Andes enneigée, au fond. On se croirait dans une scène du Seigneur des Anneaux ! Juste sublime quoi. On ne parle plus. On apprécie. C’est tout.

Devant la baie Lapataia - Parc National Tierra de Fuego - Argentine - Parc National Tierra de Fuego - Argentine
Devant la baie Lapataia – Parc National Tierra de Fuego – Argentine – Parc National Tierra de Fuego – Argentine
Eden dans le Parc National de la Terre de feu - Argentine
Eden dans le Parc National de la Terre de feu – Argentine
Portrait de famille au bout du monde - Parc National - Terre de Feu - Argentine
Portrait de famille au bout du monde – Parc National – Terre de Feu – Argentine

Après ce spectacle, pas envie d’aller beaucoup plus loin (et puis il faudrait prendre un bateau pour le Cap Horn, a priori :-))). Nous faisons donc demi-tour pour rejoindre la voiture, nos joues rosies par le froid. Quelle belle journée !

De retour à Ushuaia, nous nous arrêtons un peu sur la place des Iles Malouines, assez étonnés. Elle est consacrée aux… Malouines, donc, dont Ushuaia est la capitale !

Les Malouines sont de petites îles situées à 500 km des côtes Argentines, territoire Anglais pour le Royaume Unis, mais revendiqué par l’Argentine : Selon les Argentins, les Iles Malouines sont incluses dans la juridiction de la Terre de Feu, et sont occupées illégalement par les Anglais depuis 1833 !

En 1982, le régime des Généraux, qui pensait détourner l’attention du peuple de ses actions, fit des Malouines une grande cause nationale, et décida de les envahir pour les récupérer. Les îles étaient occupées par une colonie d’éleveurs Écossais.

Mais en deux mois, l’Argentine perdit la guerre, sacrifiant nombre de jeunes soldats, sans compter ceux qui ne s’en remirent jamais. Cette perte reste un traumatisme très fort dans le pays, même s’il sonna le glas du régime. 

Alors, à Ushuaïa, divers monuments sont là, dont la fameuse sculpture murale “héros des Malouines”, classé Monument Historique National, non seulement pour ne pas oublier, mais surtout pour indiquer que les Malouines sont bel et bien Argentines ! Les esprits ne sont pas vraiment apaisés sur le sujet…

Place des îles Malouines - Ushuaïa - Terre de Feu - Argentine
Place des îles Malouines – Ushuaïa – Terre de Feu – Argentine
Flamme éternelle pour les Malouines - Ushuaïa - Terre de Feu - Argentine
Flamme éternelle pour les Malouines – Ushuaïa – Terre de Feu – Argentine

Mais laissons les guerres derrière nous…

Le 9 Avril est notre dernier jour à Ushuaia, où nous aurons finalement passé pas mal de temps. Mais depuis hier le temps a bien changé : il neige ! Nous avons prévu de parcourir la Ruta 3, celle dont nous avons découvert la fin la veille dans le Parc National, mais dans l’autre sens : en remontant un peu vers le Nord-Est, vers les Andes. On se renseigne quand même avant auprès des gardes à l’entrée de la ville. Non, on ne risque rien sur la route, même avec une vieille “poubelle” (C’est pas comme si on avait un 4X4 passe-partout). Alors nous voici partis. Le chauffage dans la voiture fonctionne, tout va bien.

Premier arrêt au Mirador Valle Carbajal, donnant un joli point de vue sur les glaciers enneigés et la steppe Patagonique encore, mais le tout est bien moins lumineux que la veille et légèrement perdu dans le brouillard… Des panneaux nous interpellent sur le réchauffement climatique, histoire d’en être bien conscients, jusqu’ici.

Mirador Valle Carbajal - Ruta 3 - Terre de Feu - Argentine
Mirador Valle Carbajal – Ruta 3 – Terre de Feu – Argentine

Second arrêt à la laguna Esmeralda, du moins au début du chemin qui y mène, en 3-4 heures. La marche est réputée pour être une des plus belles de la région, mais là, avec la neige fondue, le départ du sentier est franchement boueux, et je ne sais même pas si on aurait aperçu le lac au bout… Eden en profite donc juste pour engager une bataille de boules de neige mouillée…Et on remonte bien trempés dans la voiture…

Eden a touché la neige ! - Terre de Feu - Argentine
Eden a touché la neige ! – Terre de Feu – Argentine

Puis la route grimpe. De nombreux restaurants s’égrainent tout le long, proposant à la fois une pause gourmande mais aussi de jolies randonnées. Nous doublons le Valle de Lobos, la Tirerra Mayor, etc…Le temps est si couvert qu’on a du mal à s’arrêter quelque part : on n’y voit quasi rien. Nous apercevons tout juste la station de ski du coin. Tiens, ce serait assez “collector” de faire une petite descente au bout du monde :-)) On n’est pas équipés, alors on oublie…

A l’heure du déjeuner, nous nous arrêtons à Las Cotorras, un restaurant qui propose le fameux Cordero Asado, comme nous en avons déjà mangé à Puerto Natales. Au même endroit, il y a un élevage de Siberianos de Fuego : de chiens de traineau (des “Sibériens de Terre de Feu). Avant de manger, nous faisons un petit tour et quelques caresses, et prenons des renseignements. Il n’y a pas de neige ici, mais on peut faire de la charrette à roue tirée par des chiens, à défaut de traineau. Super !!

Elevage Siberianos de Fuego - Terre de Feu - Argentine
Elevage Siberianos de Fuego – Terre de Feu – Argentine

En attendant, nous rentrons nous mettre au chaud. Je note la maxime à l’entrée du restaurant : “S’il y a du soleil, profites-en, S’il pleut, qu’il y a du vent ou de la neige, rappelle toi qu’ici tu es au bout du monde.” Bon, ben on est au bout du monde :-))

Le déjeuner est assez gargantuesque, bien que touristique, et on a même droit à un mariacci qui vient pousser la chansonnette. Pas mal ! Ca nous met en joie.

Cordero Asado - Ruta 3 - Terre de Feu - Argentine
Cordero Asado – Ruta 3 – Terre de Feu – Argentine
Déjeuner au son du Mariacci - Ruta 3 - Terre de Feu - Argentine
Déjeuner au son du Mariacci – Ruta 3 – Terre de Feu – Argentine
Un petit Cordero Asado pour se réchauffer ? - Ruta 3 - Terre de Feu - Argentine
Un petit Cordero Asado pour se réchauffer ? – Ruta 3 – Terre de Feu – Argentine
Dans le restaurant - Ruta 3 - Terre de Feu - Argentine
Dans le restaurant – Ruta 3 – Terre de Feu – Argentine

Nous sommes désormais prêts pour notre petit tour en carriole. En attendant de nous équiper, Lili, la propriétaire des lieux nous en dit un peu plus sur son élevage : 140 chiens de compétition vivent ici, chacun dans sa petite niche…Ce sont des chiens qui adorent les temps extrêmes. Ils ont beau avoir leurs niches, beaucoup se sont creusé un espèce de terrier dans lequel ils se sont installés.

Nous avons tous revêtu de grands ponchos anti-pluie (anti-gadoue surtout), et Eden a l’air de sortir d’une aventure d’Harry Potter. Son héros. Ca tombe bien 🙂

Elevage Siberianos de Fuego - Terre de Feu - Argentine
Elevage Siberianos de Fuego – Terre de Feu – Argentine
Eden la magicienne, un peu sale...- Elevage Siberianos de Fuego - Terre de Feu - Argentine
Eden la magicienne, un peu sale…- Elevage Siberianos de Fuego – Terre de Feu – Argentine

Les chiens ont bien senti qu’on allait faire un tour, et sont comme des fous. Beaucoup tirent sur leur corde, aboient, hurlent. Ils veulent absolument être choisis. Impressionnant. Ils ont vraiment besoin de se dépenser ! Nous prenons place pendant que le jeune homme qui s’occupe des chiens retient l’attelage.

Les chiens sont atelés, et impatients - Elevage Siberianos de Fuego - Terre de Feu - Argentine
Les chiens sont attelés, et impatients – Elevage Siberianos de Fuego – Terre de Feu – Argentine

Et puis c’est parti ! Super vite ! Plus de 30-40km/heure ! Ca secoue pas mal, c’est trop chouette ! Petit tour inoubliable dans la steppe à respirer le grand air. Bon, pour ce qui est de la gadoue, on en a franchement partout, particulièrement moi, qui n’avais pas assez fait attention : mon pantalon est…marron trempé…

Petit tour en chiens de traineau - Elevage Siberianos de Fuego - Terre de Feu - Argentine
Petit tour en chiens de traineau – Elevage Siberianos de Fuego – Terre de Feu – Argentine

Quand la balade s’achève, nous sommes tout sourire, pleins d’adrénaline.

Geoffrey devant l'atelage du traineau - Elevage Siberianos de Fuego - Terre de Feu - Argentine
Geoffrey devant l’attelage du traineau – Elevage Siberianos de Fuego – Terre de Feu – Argentine

Nous profitons d’avoir des ponchos et d’être déjà bien sales pour aller faire des caresses aux chiens. L’un d’entre eux a senti notre première hésitation et vient nous voir tout doucement, comme pour nous apprivoiser. Ha qu’il est doux ! Quelle fourrure ! Tu m’étonnes que ça doit tenir bien chaud ! Et finalement nous passons un long moment à aller de l’un à l’autre, prodiguant caresses et calins à ceux qui nous appellent ou nous approchent. On est tombés complètement amoureux de ces animaux !

Oui moi aussi je t'aime bien ! - Elevage Siberianos de Fuego - Terre de Feu - Argentine
Oui moi aussi je t’aime bien ! – Elevage Siberianos de Fuego – Terre de Feu – Argentine
Beau chien- Elevage Siberianos de Fuego - Terre de Feu - Argentine
Beau chien- Elevage Siberianos de Fuego – Terre de Feu – Argentine
Beaux yeux dans son terrier - Elevage Siberianos de Fuego - Terre de Feu - Argentine
Beaux yeux dans son terrier – Elevage Siberianos de Fuego – Terre de Feu – Argentine
Pacha dans sa niche - Elevage Siberianos de Fuego - Terre de Feu - Argentine
Pacha dans sa niche – Elevage Siberianos de Fuego – Terre de Feu – Argentine
S'il aime pas les caresses, lui ?- Elevage Siberianos de Fuego - Terre de Feu - Argentine
S’il aime pas les caresses, lui ?- Elevage Siberianos de Fuego – Terre de Feu – Argentine

Lili nous offre un bon café chaud, et nous indique où nous pouvons un peu nous nettoyer.

Au coin du feu - Ruta 3 - Terre de Feu - Argentine
Au coin du feu – Ruta 3 – Terre de Feu – Argentine
Après le chien de traineau, un petit café bien chaud- Elevage Siberianos de Fuego - Terre de Feu - Argentine
Après le chien de traineau, un petit café bien chaud- Elevage Siberianos de Fuego – Terre de Feu – Argentine

Et il nous faut déjà repartir. Nous poursuivons un peu la route, mais sommes conscients que l’émotion de la journée est derrière nous. Dernier arrêt au Paso Garibaldi, offrant un joli point de vue sur le Lago Escondido, à 60 km d’Ushuaia. Ca doit être magnifique par beau temps…Mais là, la nostalgie pointe : notre séjour en Terre de Feu s’achève.

Lago Escondido - Ruta 3 - Terre de Feu - Argentine
Lago Escondido – Ruta 3 – Terre de Feu – Argentine

Nous regagnons doucement Ushuaia et l’aéroport, où nous retrouvons notre loueur de vieille voiture. L’état des lieux ? Non, pas besoin. Elle est garée où la voiture ? A oui, je l’aperçois. Très bien, merci. J’espère que vous vous êtes bien amusés. Ca se passe comme ça, là-bas 🙂

Certains disent que “ça ne vaut pas le coup de descendre si bas, jusque Ushuaïa, que la Patagonie est plus belle ailleurs”. Nous, nous avons vraiment adoré être au bout du monde. Un sentiment bien tangible qui nous a submergé plusieurs fois. Et puis de toute façon, pour nous la question ne se posait pas : nous voulions réaliser ce rêve.

Nous embarquons un peu plus tard, moi ayant très très honte de l’état de mon pantalon et de nos chaussures (on sent pas un peu le chien mouillé ??)… retour à Buenos Aires ! En France c’est les vacances de Pâques et nos cousins ne vont pas tarder à nous rejoindre !!

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