Nuku Hiva, envoûtantes Marquises.

Le 24 février, nous partons pour Nuku Hiva, un peu tristes de quitter la Villa Enata où nous nous sentions si bien… Et de laisser Pifa, notre géant adoré, derrière nous.

Pierrick nous dépose à l’aéroport. On y retrouve Michel, qui lui part pour Moorea, Gislaine, Patrice, Martha et Gaspard, pour qui les vacances sont finies, en route pour Tahiti, et puis Danièle et Jean-Philippe, jeunes retraités souriants qui ont visité Tahuata avec nous la veille. Tiens, eux aussi vont à Nuku Hiva. On s’y reverra peut être ?

Vol calme cette fois-ci.

Bienvenue à Nuku Hiva, la plus visitée des Iles Marquises ! 3 000 habitants.

Bienvenus à Nuku Hiva - Iles Marquises - Polynésie
Bienvenus à Nuku Hiva – Iles Marquises – Polynésie

Nous avons réservé une voiture depuis Hiva Oa, et elle doit nous attendre à aérodrome : la route depuis l’aérodrome (“Terre Déserte”) jusqu’à Taiohae, la capitale, est, parait-il, de toute beauté. Arrivés dans la salle pour récupérer nos bagages, on a comme un doute.

Evidemment pas de bureau Hertz, Avis ou RentACar ici…comment on la récupère, la voiture ? Alors que je semble forcément chercher quelque chose, quelqu’un, un signe, je suis abordée par un vieux monsieur. Je lui explique que nous avons réservé une voiture, et devons récupérer les clés. Ha oui, me répond-il,. Il suffit de voir avec le bagagiste (!!!).

Nous nous adressons donc au bagagiste qui nous tend sans manière les clés en nous expliquant que c’est “le petit 4X4 sur le parking”. OK, y’en a qu’un. Et pour l’état des lieux, le paiement, ça se passe comment ? Il suffit de passer voir le propriétaire, à la Pizzeria Moana Nui, à Taiohae “quand on peut”.

Nous parcourons donc la magnifique route entièrement asphaltée qui traverse l’île de part en part pour raccorder aéroport et capitale. Ca monte raide, mais en offrant de points de vue de fous, avec des percées sur la mer…Nous ferons des dizaines de stops. Pour admirer la vallée, la montagne, souffler, prendre des photos, laisser passer des chevaux sauvages…

La route contourne le sommet de l’île, le Mont Tekao, 1224 mètres. Attention aux éboulis quand même…Un peu plus loin, le paysage s’ouvre sur le plateau de Toovil, à 800 mètres d’altitude, où l’on retrouve fraîcheur, résineux et vastes prairies, et pas mal de chevaux et de vaches ! Nous laissons le Mont Muake dans notre dos, et abordons la descente (raide) vers le village. Vue splendide sur la baie. Pas mal, faut avouer !

Taiohae, 1700 habitants est la capitale des marquises. Elle est bien accueillante, avec sa large baie, ancienne caldeira du volcan qui donna naissance à l’île. C’est d’ailleurs l’un des lieux de mouillage favori des voiliers faisant le tour du monde (ou venant se mettre à l’abri pendant la saison humide des autres Archipels). Découverte à la fin du XVIIIeme siècle par un Américain, les baleiniers venaient y faire relâche. Elle y vit d’ailleurs le passage de Melville, l’auteur de Moby Dick, embarqué sur l’un de ces navires, et qui le déserta ici. Elle a beaucoup souffert au cours du XIXeme siècle : en 1813, les Américains, voulant l’annexer, en firent une place forte, jusqu’à l’annexion de l’Archipel par les Français depuis le traité de Tahuata.

Ce soir, nous logeons chez Mana et Reina, une petite pension ouverte il y a quelques mois, un peu en retrait dans la vallée. Jolie petite maison avec jardin fleuri. Mais nous sommes assez surpris par l’accueil de Reina, en tongs et chaussettes ! Bon, son sourire magnifique nous fait oublier ses pieds. Jolie terrasse et citronnade rafraîchissante, Reina a l’air très sympa ! Elle nous fait ensuite découvrir notre chambre et l’espace salle d’eau….Ça se gâte un peu. Il fait très très chaud et on a un pauvre petit ventilo. “Il faut dormir les fenêtres ouvertes” nous explique-t-elle. Mais, et les nono ? Les nonos sont un véritable fléau aux Marquises et particulièrement à Nuku Hiva. Ce sont des mouches de sable qui infestent les plages (les nonos blancs) et les vallées de rivière (les nonos noirs, les pires). On ne les sent pas vous piquer mais soit immédiatement soit jusque 2-3 jours après ils déclenchent des démangeaisons horribles quand leurs piqûres ne s’infectent pas.

Alors moi qui suis déjà assez parano sur les piqûres de bêbêtes…nous voilà bien avec une chambre donnant…sur un jardin luxuriant au fond d’une vallée, sans moustiquaire ni sur les lits ni aux fenêtres (pas du tout dans la culture Marquisienne la moustiquaire). Reina a beau nous dire que tout va bien si l’air circule, je vais avoir du mal à dormir. D’autant plus qu’en m’asseyant sur le lit je m’enfonce de …15 cm…c’est quoi ces matelas en mousse ??? Je passe les toilettes et la salle de bain-débarras à l’autre bout de la maison, pires que la chambre. Ha, il va falloir dormir 3 nuits ici ? Bon, soit. Après tout, à Tahiti ce n’était guère mieux….Et Reina, elle, est sympa.

Et puis elle a un petit chien qu’Eden a déjà adopté (pas sûre que Reina ait tant envie de le prêter d’ailleurs : c’est son joujou, contrairement aux pauvres cabots qui vivent de l’autre côte de la barrière, quasi sauvages, et “surveillent la maison”).

Bon, on ne va pas s’attarder trop, même si la terrasse est chouette…On a une voiture. On va partir visiter. On se dispute « un peu » avec Geoffrey. Vu l’heure je me contenterais d’un tour dans le village, où apparemment il y a pas mal de choses à découvrir, mais Geoffrey veut aller à la Baie Colette, de l’autre côte de la baie.

Et c’est Geoffrey qui gagne. Déjà que j’ai une petite boule dans la gorge à cause de notre chambre… ça ne s’arrange pas. Et encore moins quand je vois la piste qu’il prend. Non mais là ce n’est plus carrossable ! Ca ne peut pas être par là, on a raté un truc. Je suis excédée. Nous retournons ENFIN sur nos pas, et redemandons la direction. Voilà, là, ça passe. Tellement mieux qu’avant, que j’en oublie presque qu’on est quand même sur une piste super étroite à flanc de colline !

Nous ouvrons une barrière posée là pour éviter que les animaux ne s’enfuient, et descendons dans la baie au nom bien français. En réalité, elle s’appelait la baie “Haaotupa” mais les français n’arrivaient pas à prononcer son nom, ils la rebaptisèrent donc du joli nom de Colette, en hommage à un navire du même nom qui y avait fait naufrage. En bas, la vallée regorge de cultures, de fleurs et d’arbres fruitiers. OK, c’est beau, je reconnais, et je finis de me calmer. Au bout, jolie plage (parait qu’l y a des nonos aussi mais allez savoir d’où me viendront mes piqûres…) et nous sommes seuls au monde ou presque.

Une petite famille est en train de partir. Le père nous dit que oui, il peut aussi y avoir des requins ici. Bon, c’est décidé, j’admire le paysage avec les nonos mais je ne me baignerai pas plus loin que les mollets. Et Geoffrey après un petit plouf ne restera pas longtemps, même s’il n’avoue rien. Nous jouons avec Eden sur la plage, mais le temps passe vite, et il est l’heure de rentrer, avant que le soleil ne se couche (que les choses soient claires, cette piste, on ne la fait pas de nuit !)

Pour finir de nous réconcilier, Geoffrey m’invite à prendre l’apéro sur les hauteurs de Taiohae, au “Pearl Lodge”, le plus bel hôtel de l’île, et point d’arrivée de notre fameuse piste. Ha c’est sûr, ça change de chez Mana et Reina ! Petite piscine et une vue qui embrasse toute la large baie de Taiohae. Magnifique…

Face à la baie de Taiohae - Nuku Hiva - Iles Marquises - Polynésie
Face à la baie de Taiohae – Nuku Hiva – Iles Marquises – Polynésie

Nous sommes en train de siroter nos cocktails quand tout à coup, qui voit on apparaître ? Danièle et Jean-Philippe ! Ils logent ici !! Eux sont allés faire un tour au village en vélo (je ne dis rien, je pense !!). Ils prennent place avec nous et nous faisons plus ample connaissance, car jusque là, nous nous sommes plus souri que véritablement parlé. Ce qu’ils font demain ? Ils aimeraient aller à Anaho, une baie magnifique parait-il, au Nord de l’île, mais ne savent pas encore comment s’y rendre. Ils attendent des nouvelles sur les prix des excursions ou locations de voiture. Mais, mais, notre programme à nous n’est pas figé, et nous avons deux places dans notre 4X4 ! Vendu ! Ils viennent avec nous demain.

Gloups…on est en retard, Reina nous attend pour dîner. Vite, vite, on rentre dans la nuit.

Et effectivement, Reina nous attend, légèrement inquiète. Nous nous excusons et passons vite à table. Mana est là, ainsi que Steve, un autre pensionnaire. Steve vit ici depuis un bout de temps. Et il ne veut plus partir, tombé sous le charme complet des Marquises. Il a peu de choses en commun avec Brel ou Gauguin, mais comme eux il a été ensorcelé, ça se sent. Il se sent juste “là où il devrait être”.

On se régale du poisson cru de Reina, et puis la soirée passe vite. Mana se révèle un hôte des plus agréables, très souriant et très bavard.

Allez, tout le monde au lit. Avec les nonos !! Ma paranoïa nous oblige à nous enduire d’anti-moustique + Monoi + huile de Tamanu. Si avec ça les nonos ne s’engluent pas et nous piquent quand même…

Le lendemain matin, petit déjeuner fort sympathique avec Steve dont on n’a toujours pas compris ce qu’il veut faire à part “se sentir à sa place sur la terrasse de Mana et Reina”. La nuit a été moins mauvaise que prévu.

Nous partons ensuite vite chercher Danièle et Jean-Philippe, direction Anaho.

Nous remontons jusqu’au Mont Muake puis bifurquons sur la droite, direction Taipivai et l’immense baie du contrôleur que nous longeons en partie. Le village est célèbre pour ses habitants, les Taipi, qui s’opposèrent farouchement à l’invasion Américaine en 1813, et qui furent décimés à coup de canons. C’est aussi ici que Melville se réfugia lorsqu’il déserta son baleinier, réussissant à se faire accepté des farouches Taipi.

La route asphaltée s’arrête à peu près là, et nous empruntons une belle piste partiellement cimentée sur la gauche qui monte, bien raide, bien impressionnante, jusqu’à un col, embrassant toute la baie en dessous de nous. Ca valait déjà le coup de venir jusqu’ici. Nous passons le col Teavaitapuhiva puis commençons la descente (encore plus raide), vers le village de Hatiheu.

Chevaux sauvages - Nuku Hiva - Iles Marquises - Polynésie
Chevaux sauvages – Nuku Hiva – Iles Marquises – Polynésie

Un peu en amont, nous nous arrêtons pour visiter les trois sites archéologiques de Kamuihei, Tahakia, Teiipoka et Hikakua, qui se touchent, et ont été bien restaurés. Ils dateraient du XIIIeme siècle !

Sans notre super-guide Pifa, on est un peu perdus, mais nous nous plongeons avec bonheur dans l’ambiance mystérieuse des lieux (une fois qu’on s’est recouvert d’anti-moustiques, car les nonos nous attaquent). Nous retrouvons fièrement tout seuls les Pae-Pae (plateformes d’habitation), les Tohua (lieux de fête), les Meae (lieux sacrés), les pétroglyphes (pierres sculptées). Nous sommes surtout attirés par un gigantesque Banian (arbre sacré). A ses pieds, une pierre à tatouages, et surtout, une fosse pour stocker la nourriture. Le dernier site, un peu plus en retrait, nous accueille avec des sculptures anciennes mêlées à des œuvres récentes. Des chevaux sont là, tout proches des tikis. Scène assez onirique, qui aurait pu s’échapper d’une toile de Gauguin…

Nous arrivons un peu plus bas au village de Hitaheu, enserré de grands pics, lui conférant une atmosphère de bout du monde, mais nous ne nous y attardons pas malgré les tikis posés sur le front de mer. Nous empruntons la route qui monte vers Anaho au bout du village et nous garons dans la petite clairière au bout. Et c’est parti pour une grosse heure de grimpette, à pied, au travers une forêt de cocotiers.

Arrivés en haut, une superbe vue sur la baie nous attend, et nous décidons de pique-niquer ici, avant de redescendre. Nous admirons les voiliers, venus mouiller ici. Danièle joue les chamois en montant “encore plus haut”, et Jean-Philippe sculpte un bâton de marche pour Eden, avec une tête de tiki.

Un homme passe à cheval. Il travaille pour la compagnie d’électricité et a des relevé à faire. A cheval, donc :-). Mais il fait chaud et les flots ne sont plus si loin. Allez, on va la voir, cette plage ? Après la redescente sur l’autre versant, nous débouchons sur une vallée luxuriante, toute verte, où des arbres fruitiers de toutes sortes poussent. Une petite image d’Eden…Nous traversons une magnifique cocoteraie, logeons la plage de sable blanc, jusqu’à la partie la plus turquoise du lagon.

Allez, vite, à l’eau ! Bon, elle est un peu trouble, on ne sait pas trop ce qui nage là dedans, et une fois de plus il n’y a pas de fond. Alors on trempe. En revenant, sans même mettre la tête dans l’eau, nous sommes escortés par une petite raie pastenague et un petit requin à pointe noire. Nos premiers. Ca fait bizarre d’être dans l’eau avec eux par 50 cm de fond !

Nous flânons sur la jolie plage, et renonçons à marcher jusqu’à l’autre côte de la baie, où parait il vit un producteur de melons réputé sur toute l’île. Le jour commence à décliner, et n’avons pas envie de nous presser…

Nous remontons donc tranquillement. En haut de la côte, nous croisons un couple, à cheval, elle très enceinte, lui portant provisions et petit chat. He oui, il n’y a pas de route ici, on se déplace comme ça pour rentrer chez soi…

Comment rejoindre la baie d'Anaho ? - Déplacement familial - Nuku Hiva - Iles Marquises - Polynésie
Comment rejoindre la baie d’Anaho ? – Déplacement familial – Nuku Hiva – Iles Marquises – Polynésie

Un peu plus loin, nous rencontrons le fameux producteur de melons, à cheval lui aussi ! Nous discutons un peu. Les gens n’ont pas voulu de route ici, car ils voulaient “rester tranquilles” “préservés du reste du monde”. Ha oui ? Parce que le paradis, ce n’est pas que les touristes de passage qui en ont la sensation alors ? Non non…

Ca nous donnerait envie de vivre ici, à nous aussi. Et là, le producteur de melons a cette maxime “Sois le bienvenue chez moi, et que je sois le bienvenu chez toi, mais vivons chacun chez nous”. On a compris, on a le droit de venir et d’apprécier, mais de s’installer, non… On aura bien apprécié, en tout cas.

La baie d'Anaho - Nuku Hiva - Iles Marquises - Polynésie
La baie d’Anaho – Nuku Hiva – Iles Marquises – Polynésie

Retour au Pearl Lodge toujours avec ces paysages magnifiques et un coucher de soleil superbe sur la baie de Taiohae.

Arrivée en soirée dans la baie de Taiohae - Nuku Hiva - Iles Marquises - Polynésie
Arrivée en soirée dans la baie de Taiohae – Nuku Hiva – Iles Marquises – Polynésie

Nous buvons un coup avec Danielle et Jean-Philippe à cette belle journée, mais…zut, le temps s’étire sans qu’on s’en rende compte sur ces îles. Nous sommes déjà attendus par Mana et Reina.

On rentre tout penauds de notre demi-heure de retard. Et penauds, on peut l’être : ce soir, c’est la fête chez eux (en même temps, on n’était pas au courant..) : trois chasseurs ont tué une chèvre, et ce soir, on la mange ! Nous sommes bien une quinzaine à table, entre cousins, voisins et amis. On prend vite place. Hum… c’est délicieux !! On dit bravo aux trois chasseurs, qui sont en bout de table, sérieux, mutiques, torse nu avec leurs beaux tatouages. Eden se met à jouer avec les enfants. On est loin…

Le 26 Février, nous partons avec Danielle à la découverte de la vallée d’Akaoui et de la cascade de Vaipo. Pendant ce temps, Jean-Philippe réalise un de ses rêves : se faire tatouer aux Marquises ! Nous avons rendez-vous au port avec Maria et Maoui (hier, au milieu de son dîner de 20 personnes, Reina a pris le temps de les contacter pour nous. Merci Reina !!). Et c’est parti pour une bonne grosse heure de bateau. La baie de Taiohae côté mer est encore plus belle.

Nous remontons la côte, et croisons en route des raies manta venues nous saluer.

Nous doublons la baie Colette côté mer, et parvenons un peu plus tard à la jolie baie d’Akaoui.

Côte Sud de Nuku Hiva, vue mer- Iles Marquises - Polynésie
Côte Sud de Nuku Hiva, vue mer- Iles Marquises – Polynésie
Découverte de la Baie d'Hakaui par la mer - Nuku Hiva - Iles Marquises - Polynésie
Découverte de la Baie d’Hakaui par la mer – Nuku Hiva – Iles Marquises – Polynésie

Et comme la marée est suffisamment haute, Maoui nous fait le plaisir de remonter la rivière avec son bateau jusqu’au « village ». Encore des images paradisiaques : le sable noir de la plage contraste avec le vert quasi fluo de la végétation, et au fond les hauts sommets se découvrent.

Maoui nous dépose, nous apprécions les lieux pendant que Maria cueille des pamplemousses et des mangues pour notre déjeuner. Il viendra nous chercher tout à l’heure. En attendant, il va partir à la recherche de son ancre, qu’il a perdue en mer il y a quelques jours….(?!)

Maria est originaire d’ici. Elle nous explique qu’elle y a une maison secondaire, où elle passe ses week-ends. Elle ne peut pas vraiment y vivre à l’année, car il n’y a pas d’école et elle a deux enfants. La vallée est occupée essentiellement par des membres de sa famille, et ils se sont organisés en communauté de village, pour s’entraider et mettre en commun leurs ressources. Elle est la descendante de la dernière reine de la vallée, et Eden est totalement subjuguée à l’idée de passer une journée avec une vraie princesse (he oui, techniquement, Maria est une princesse, elle nous avouera d’ailleurs que ça lui donne une certaine fierté).

Nous remontons tranquillement la vallée. Maria nous invite à éviter de passer sous les cocotiers (une noix de coco sur la tête, ça fait mal !). Les cocotiers font vite place à des dizaines d’arbres fruitiers.

Nous nous arrêtons un peu plus loin chez la cousine de Maria, où elles discutent « gâteau communautaire ». Pendant ce temps, son mari (je suppose), casse à coup de machette des noix qu’il est allé chercher ce matin. Il nous explique qu’il adore être seul au petit matin, dans les marais et la forêt. Paisible. OK, là il est beau avec tous ses tatouages et sa machette mais je n’aimerais pas tomber sur lui seule à l’aube dans les bois..

Ouverture des noix - Vallée d'Hakaui - Nuku Hiva - Iles Marquises - Polynésie
Ouverture des noix – Vallée d’Hakaui – Nuku Hiva – Iles Marquises – Polynésie

Nous nous enfonçons peu à peu au cœur de la vallée d’Akaoui. Sur les dernières maisons, nous notons des pétroglyphes, qui ne sont rien d’autre que les noms des maisons, nous indique Maria.

Pétroglyphe donnant le nom d'une maison - Vallée d'Hakaui - Nuku Hiva - Iles Marquises - Polynésie
Pétroglyphe donnant le nom d’une maison – Vallée d’Hakaui – Nuku Hiva – Iles Marquises – Polynésie

Nous remontons la voie royale de son ancêtre, et la végétation se fait de plus en plus dense. Parfois, Maria utilise sa machette pour dégager le chemin des bambous qui l’encombrent. Nous passons une rivière à gué. Petit gout d’aventure, puis traversons les fameux marais où le cousin de Maria est allé chercher ses noix.

Tiens, il y a les ruines d’un ancien meae et son village ici encore, envahi par la végétation. Il y aurait de quoi faire pour restaurer…Maria nous montre les vestiges que nous maîtrisons désormais : pae-pae, pétroglyphes et fosse à uru (les anciens Marquisiens récoltaient le uru, l’arbre à pain, à la belle saison, puis le stockaient dans ces fosses, où il macérait pendant des mois, de quoi nourrir les populations et éviter les disettes).

Un site archéologique caché - Vallée d'Hakaui - Nuku Hiva - Iles Marquises - Polynésie
Un site archéologique caché – Vallée d’Hakaui – Nuku Hiva – Iles Marquises – Polynésie

Le paysage s’ouvre enfin sur des pics acérés et totalement recouverts de végétation. Wahoo que c’est beau ! Maria nous montre un trou dans la roche. C’est là que les anciens venaient déposer les corps de leurs morts. D’ailleurs, on peut encore y voir des cercueils. A 100 mètres de hauteur au moins. Un passage entre deux pics servait de refuge aux populations en cas d’attaque.

Et la cascade ? He bien en général, elle coule là, sur la droite, et est assez jolie, mais…depuis pas mal de mois il ne pleut plus assez aux Marquises, et l’île souffre du manque d’eau malgré son apparente luxuriance. De plus, les sommets ont été plantés de pins, qui assèchent littéralement les sols, et même si aujourd’hui une politique de suppression de ces arbres pour replanter des végétaux endémiques est en cours, le mal est là…Petite boule dans la gorge. Alors le dérèglement climatique, c’est ici aussi… Et les bêtises des hommes aussi… décidément, aucun lieu ne sera épargné…

Nous nous arrêtons en bord de rivière pour pique-niquer et goûter aux délicieux fruits de Maria. Elle fait un feu avec de la bourre de coco pour chasser les nonos, toujours aussi envahissants (ils ont été introduits ici par les baleiniers, dans les sacs de sable qui servaient à lester les bateaux avant la pêche). Maria nous montre ensuite une anguille…géante. Tiens, on n’a plus envie de se baigner. On dirait plutôt une grosse murène…On s’amuse à observer les chevrettes (petites crevettes d’eau douce, écrevisses, quoi) et on ose finalement se rafraîchir.

Retour par le même chemin, toujours en admiration devant les fleurs de la vallée.

Petite pause limonade chez la cousine de Maria. On est tellement bien…

Mais il faut que nous nous dépêchions : Maoui nous attend sur le bateau et la mer monte…Allez, on saute littéralement dans le bateau, de l’eau jusqu’en haut des cuisses. Finalement il a renoncé à son ancre, qu’il n’a pas retrouvée, et en a profité pour aller pêcher. Il nous montre ses beaux poissons perroquets tout frais.

Une journée magnifique s’achève.

De retour à Taiohae, nous passons enfin payer notre dû pour la location de voiture au Moana Nui. Pour la rendre ? Pas de souci, on rend les clés au bagagiste à l’aéroport, comme à l’allée. Quand on fait remarquer au propriétaire notre étonnement que les choses soient aussi simples, notre interlocuteur sourit : “Mais comment voulez-vous la voler, la voiture ? Pour aller où ? Et puis tout le monde sait tout ici… Un accident ? J’imagine que vous avez juste envie d’être prudents avec les routes de montagne, non ?”. C’est vrai que vu comme ça… Ca se passe comme ça aux Marquises. Totale confiance. Il nous imprime quand même une belle facture en bonne et due forme. 

Et puis ce soir, nous retrouvons Jean-Philippe et Danielle pour notre dernière soirée Marquisienne : le motel-restaurant Hee Tai Inn organise une soirée avec buffet traditionnel et plats Marquisiens. Danielle l’a appris par son chauffeur de taxi, qui fait partie de la troupe des danseurs (ici on danse pour les touristes, mais surtout et avant tout pour soi, par tradition). Jean-Philippe nous montre son superbe tatouage tout neuf. Je regrette un peu de ne pas m’en être fait faire un… Et même Geoffrey se serait presque laissé tenter.

Les danses de ce soir seront surtout masculines, guerrières. Et on admire forcément la puissance qui se dégage des danseurs, et la beauté de leurs corps tatoués. On se prête au jeu : les hommes pour une danse du cochon, les femmes de l’oiseau. On se régale du buffet composé de chèvre (encore!), et poisson cru surtout. Une superbe soirée qui gomme un peu la nostalgie de devoir quitter l’île demain…

Danse Marquisienne- Taiohae - Nuku Hiva - Iles Marquises - Polynésie
Danse Marquisienne- Taiohae – Nuku Hiva – Iles Marquises – Polynésie
Danseur Marquisien- Taiohae - Nuku Hiva - Iles Marquises - Polynésie
Danseur Marquisien- Taiohae – Nuku Hiva – Iles Marquises – Polynésie
Jolies vahinés et leurs couronnes de fleurs - Taiohae - Nuku Hiva - Iles Marquises - Polynésie
Jolies vahinés et leurs couronnes de fleurs – Taiohae – Nuku Hiva – Iles Marquises – Polynésie
La danse du cochon - Taiohae - Nuku Hiva - Iles Marquises - Polynésie
La danse du cochon – Taiohae – Nuku Hiva – Iles Marquises – Polynésie

Le 27 Février au matin, nous quittons donc Mana et Reina, qu’on a finalement trouvé extrêmement chaleureux et accueillants. Avant de nous diriger vers l’aéroport, nous en profitons pour “enfin” faire le tour du village. Nous allons voir Tuhiva, le Grand Tiki, qui domine toute la baie de Taiohae. 12 mètres de haut, le plus grand du monde, il a été inauguré en mai 2017. Il représente un guerrier s’extirpant du tiki pour regarder le futur en s’appuyant sur la culture du passé. Quant au tiki, il est féminin, sans aucun doute, et l’on peut glisser un petit message dans son nombril pour laisser une trace de son passage ici. Bon, on n’a pas de papier, pas de stylo, alors, tant pis pour le message….

Mana n’a pas arrêté de dire à Geoffrey qu’il avait des cousins au village, alors on quitte le tiki pour partir à la recherche des deux Gouverneur (nom de famille de Geoffrey) de Taiohae. L’un est photographe. Trop facile à trouver, vu le nombre de commerces. Mais…on n’arrive pas au bon moment ? On dérange ? Après quelques paroles et une photo souvenir, nous quittons les cousins, attristés de cette rencontre un peu “ratée”. Pas trop dans l’esprit Marquisien, les cousins… On en profitera pour jeter un oeil à l’atelier de tatouage voisin. Sujet éminemment sérieux ici.

Geoffrey retrouve des "Gouverneurs" à Taiohae - Nuku Hiva - Iles Marquises - Polynésie
Geoffrey retrouve des « Gouverneurs » à Taiohae – Nuku Hiva – Iles Marquises – Polynésie
Tatouage - Nuku Hiva - Iles Marquises - Polynésie
Tatouage – Nuku Hiva – Iles Marquises – Polynésie

Je suis un peu déçue de ne pas avoir le temps de visiter les autres attraits du village (ça c’est à cause de la baie Colette :-)) : Le marché artisanal, mais surtout les deux sites archéologiques de la ville. Notre dernier arrêt sera pour “Notre-Dame-Des-Iles-Marquises”, impressionnante cathédrale de pierre et de bois constuite en 1977 sur un ancien Tohua (vous savez, les endroits où les anciens Marquisiens faisaient la fête). Ses pierres proviennent des six îles habitées des Marquises.

Et nous reprenons la route de l’aéroport, une dernière fois sous le charme des beautés de Nuku Hiva.

La jolie baie de Taiohae - Nuku Hiva - Iles Marquises - Polynésie
La jolie baie de Taiohae – Nuku Hiva – Iles Marquises – Polynésie

A l’aéroport, nous retrouvons Danielle et Jean-Philippe, à qui nous disons définitivement au-revoir cette fois-ci.

Décollage pour Tahiti avant les de mettre les voiles vers les îles sous le vent.

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4 réflexions sur « Nuku Hiva, envoûtantes Marquises. »

  1. De l’eau et de la verdure. Tout est réuni pour passer de sublimes vacances !

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